LIVRE PREMIER, CHAPITRE XII
9e( m : a Q a ordonné aux anges de vous garder dans toutes vos voies, il»' vous porter dans leurs mains, afin que votre pied ne heurte contre aucune pierre. » Vous seriez- vous jamais imaginé un véhicule aussi commode et aussi sûr que le sont les mains même des Qnges? Ainsi donc, ces esprits purs, qui sont comme nos frères aines, ont pour mission de porter dans leurs bras leurs plus jeunes frères, c'est-à-dire 1rs hommes justes, hors d'état iei-bas de marcher et de se soutenir sans un secours étranger. Et ce merveilleux appui que le juste reçoit des anges, après l'avoir accompagné dans la vie, ne l'abandonne pas même dans la mort. I ce que nous voyons clairement par l'exemple de ce pauvre Lazare que l'Evangile nous représente porté par les mains des anges dans le sein d'Abraham, Luc. xvi, -2-2. Le Prophète-Roi avait dit dans le Psaume, xxxiu, s : « L'ange du Seigneur veille autour de ceux qui le craignent, afin de les délivrer de tous les périls. » Et la traduction de saint Jérôme fait encore mieux ressortir la puissance d'une telle protection ; car voici comment il rend la pensée du livre divin : « L'ange du Seigneur a déployé ses pavillons royaux autour de ceux qui le craignent pour les mettre à l'abri de tout mal. » Or quel est le roi dans le monde qui s'entoura jamais d'une garde aussi puissante? Xous voyons éclater la force de celle-ci dans les livres des Rois, IV Rcg. vi. L'armée du roi de Syrie vient pour saisir le prophète Elisée; le serviteur de ce dernier tremble de crainte ; le prophète adresse à Dieu sa prière, le conjurant d'ouvrir les yeux de ce timide jeune homme et de lui montrer combien était plus grande l'armée qui veillait à leur défense, que celle qui venait les attaquer. Dieu dessille les yeux de l'enfant, et il voit toute la montagne couverte de cavaliers armés et de chars de feu déployant leurs lignes redoutables autour de l'envoyé du Seigneur. Cette armée protectrice est celle dont il est encore parlé dans le Cautique des cantiques, vu, 1 : « Que verrez-vous dans la Sunamite si ce n'est des bataillons royaux ? » Ce qui nous représente évidemment les invincibles légions des anges ; et la Sunamite est ici la figure de l'Eglise, et ultérieurement celle de lame qui jouit de l'amitié de Dieu. C'est encore ce que nous représente l'Epoux mystérieux du même livre, quand il dit : « La litière de
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SalomoD est gardée par soixante torts, choisis parmi les plus valeureux îles enfants d'Israël ; ils tiennent tous des épées nues à la main, ils sont habiles dans tous les genres de combat. Chacun a son glaive à côté de son chevet pour prévenir les surprises de la nuit. » lhid. m, T et S. Que faut-il entendre par toutes ces images et qu'est-ce que l'Esprit-Saint a voulu symboliser, si ce n'est les soins de la divine Providence à l'égard des âmes qui vivent dans son amour ? Comment pourrait-il se faire, en effet, qu'une créature conçue dans le péché, vivant dans une chair si profondément inclinée au mal, au milieu d'un nombre infini de pièges et de dangers, passe néanmoins des années entières, plusieurs années souvent sans jamais s'écarter du sentier de la justice, sans consentir même à une seule pensée qui soit un péché mortei, comment cela pourrait se faire, dis-je , sans un secours spécial de la divine Providence ?
Ce secours d'en haut est tellement efficace , que non-seulement il délivre les justes des maux qui les menacent, les achemine à la pratique de tout bien, mais encore fait tourner à leur avantage les péchés dans lesquels Dieu permet qu'ils tombent quelquefois ; car ils en deviennent plus prudents, plus humbles, plus reconnaissants envers celui qui, d'une part, les soustrait à tant de dangers, et, de l'autre, leur pardonne tant de fautes. C'est dans ce sens que l'Apôtre dit : « Pour ceux qui aiment Dieu , toutes choses leur deviennent un secours et les aident à accomplir le bien. » Ro m. vm, 28.
Tout cela est bien digne assurément de notre admiration et de notre reconnaissance ; mais une chose qui doit encore plus nous surprendre et nous toucher , c'est que Dieu ne se contente pas d'accorder de telles faveurs à ceux qui le servent ; il les étend encore à leurs enfants et à toute leur race, à tout ce qui les touche enfin d'une manière quelconque ; et voici dans quels termes le Seigneur lui-même nous atteste cette vérité : « Je suis le Seigneur , le Dieu fort et jaloux ; je recherche la malice des pères dans leurs enfants, jusqu'à la troisième et quatrième génération; mais j'use aussi de miséricorde , jusqu'à la postérité la plus reculée, envers ceux qui m'aiment et gardent mes commandements. » Exod. xx , r> et 0. C'est ce que Dieu nous a manifeste-