‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 100 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE , SECTION II , CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE , SECTION II , CHAPITRE XX

protège ses saints, et sa divine providence voulut, en enlevant ses épouses à la terre le même jour, faire éclater sa miséricorde. Il accorda une faveur du même genre à deux frères qui n'eurent pas l'honneur de souffrir le martyre, mais dont la vie offrit les plus singulières ressemblances. Gérard et Médard étaient nés le même jour, ils avaient été faits évêques le même jour, ils passèrent enfin de cette vie à la gloire le même jour ; Usuard a placé leur histoire au huit du mois de juin. Quelle attention délicate de la providence divine, et comment ne pas reconnaître ici la bonté avec laquelle elle agit envers ses saints?

Il m'a paru bon de rapporter ici ces glorieux récits, afin que par eux nous puissions en connaître une foule d'autres que je suis forcé de passer sous silence, et aussi afin que nous sachions bien combien étaient grandes la foi et la fidélité des martyrs, leur amour pour Dieu et le culte qu'ils lui rendaient. Ces hommes préféraient souffrir mille et mille tourments, plutôt que de s'exposer à la disgrâce divine et au tourment d'une conscience coupable et déloyale. Ah ! qu'ils viennent maintenant ces cœurs mauvais qui passent les mois et les années dans le péché mortel plutôt que de vaincre un appétitdésordonné ; qui mangent et qui boivent dans cet état sans songer qu'ils ont Dieu pour ennemi I Qu'ils viennent aussi et qu'ils connaissent leur erreur ceux qui estiment acheter trop cher le royaume du ciel par l'observation exacte des commandements, lorsque les martyrs l'ont conquis par les plus affreux tourments ! Qu'ils viennent enfin ces amis passionnés du plaisir, et qu'ils se demandent quelle excuse ils auront au jour du jugement, lorsque le Juge suprême confondra leur sensualité par la vue de milliers de martyrs sur les corps desquels resplendiront les marques glorieuses de leurs souffrances !

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