‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 11 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, PREMIÈRE SECTION, CHAPITRE III. 2S · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, PREMIÈRE SECTION, CHAPITRE III. 2S

il s'ensuit que le monde est conduit par une seule intelligence suprême et que cette intelligence est Dieu.

A cette première raison joignons-en une autre non moins saisissante. Pour que tant de choses si diverses puissent être réduites à l'unité et s'harmoniser entre elles, il faut qu'elles dépendent toutes d'une même volonté. Dans la musique, quand plusieurs voix veulent produire un certain effet et charmer l'ouïe par la mélodie de leurs accords, il faut qu'un artiste habile, par la sage proportion qu'il met à les disposer et à les harmoniser, évite entre elles toute dissonance désagréable ; sans cela elles ne produiraient qu'un bruit sans mesure et sans concert. N'est-ce pas cette unité puissante, cette mélodieuse harmonie que nous remarquons entre tout ce qui compose ce monde? Toutes ses parties depuis la plus petite jusqu'à la plus grande se réunissent pour servir, soutenir et conserver la vie de l'homme; et rien sur la terre, au ciel ou sous les eaux n'est exempt de cette servitude. Comment s'empêcher en présence de choses si différentes et quelquefois si contraires entre elles, concourant cependant à une même fin qui est de servir l'homme, comme la plus noble créature de ce monde inférieur, comment s'empêcher de reconnaître qu'il existe au-dessus de l'univers un gouverneur suprême qui fait un seul tout harmonieux d'une si grande variété de choses? De même, en effet, qu'il a créé ce monde visible, non pour lui, ni pour les anges, mais seulement pour l'homme, de même il a voulu que toutes les créatures qui le composaient n'eussent plus qu'une seule fin : l'utilité de l'homme.

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