‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 122 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, SECTION II, CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, SECTION II, CHAPITRE XXV

tyr, saint Antonin, sainte Catherine de Sienne, saint Vincent Ferrier, et après eux saint François de Paule, canonisé presque de nos jours. Notre Seigneur fait encore des miracles pour secourir ses fidèles dans les grandes tribulations ou dans les infirmités, où les consolations et les ressources humaines demeurent impuissantes; témoignage admirable de la miséricorde et de la providence paternelle qui veille sur ses serviteurs. Nous avons rapporté dans notre Introduction beaucoup de miracles de cette nature ; d'autres fois les miracles ont pour but d'arracher au péril l'innocence opprimée ; c'est ainsi que saint Antoine de Padoue, encore vivant, délivra son père d'un faux témoignage en cause criminelle qu'on lui avait reproché. Il y a bien d'autres causes qui peuvent déterminer Dieu à faire des miracles ; le lecteur zélé qui désirerait les connaître n'aurait qu'à lire les Dialogues de saint Grégoire, où se trouvent énumérés un grand nombre de miracles contemporains opérés pour des causes souvent bien mesquines en elles-mêmes ; il y est dit par exemple d'un saint homme, qu'il rétablit dans son intégrité une lampe de verre mise en mille morceaux. Un miracle du même genre est raconté dans la vie de saint Antonin; il trouva un jour sur son passage une jeune fille désolée d'avoir brisé un vase d'argile qu'elle portait, et, pour la consoler, il réunit les pièces dispersées et rendit le vase entier à cette pauvre enfant. On raconte de saint Benoît un fait presque semblable. Remarquons qu'au temps de saint Grégoire la foi était mieux établie et plus florissante que de nos jours, car il n'y avait alors ni Turcs ni Maures. On le voit donc, en dehors de la fondation de la foi, bien d'autres causes peuvent décider Dieu à faire des miracles.

Page 1