‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 128 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, SECTION II, CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, SECTION II, CHAPITRE XXV

éternellement ; » certainement qu'en considérant bien toutes ces promesses vous les regarderiez comme impossibles à réaliser, non-seulement par un homme pauvre, mais encore par tous les hommes de l'univers, si excellents qu'on les suppose. Et quels princes, en effet, quels rois, quels empereurs, quels philosophes ou quels orateurs auraient jamais pu faire embrasser aux hommes une vie si contraire aux appétits de la chair, ou les amener à croire tous les mystères dont nous avons parlé plus haut, et cela avec une constance qui ne se démentit pas devant le martyre et qui fit que des milliers d'hommes ou de femmes préférassent une mort cruelle à la plus légère apostasie ? Y avait-il au monde une puissance humaine capable de transformer ainsi les hommes sans le secours du bras et de la force de Dieu? Les empereurs romains pouvaient bien s'emparer par les armes de la domination des corps des hommes, mais le Christ, par la seule force de son bras, savait conquérir leurs cœurs. Tous ces prodiges, nous les voyons aujourd'hui réalisés sous nos yeux. Et qui pourrait, dès lors, sans avoir véritablement perdu le sens commun, qui pourrait douter de l'intervention de Dieu dans l'exécution de cette œuvre admirable et par conséquent que la foi du Christ ne soit véritable et fondée par Dieu?

Encore que cette considération soit en elle-même suffisante pour confirmer notre foi, elle trouve une nouvelle force dans une autre considération qui augmente sa valeur ; la conversion du monde, en effet, et toutes les circonstances qui l'ont accompagnée, furent prédites non plus par un seul, mais par un grand nombre de prophètes, et cela non pas peu d'années, mais très-longtemps avant qu'elles se réalisassent. Parmi ces prophètes, les uns vivaient cinq cents ans avant l'événement dont ils parlaient, les autres mille, et les autres deux mille, afin qu'il fût évident pour tous que ces choses n'arrivaient pas au hasard, mais seulement parce que Dieu le voulait ainsi et l'avait annoncé par l'entremise d'un grand nombre de témoins. C'est ainsi que la foi et la religion chrétiennes reposent sur des fondements inébranlables, contre lesquels toutes les forces de l'enfer et toutes les persécutions du monde ne pourront jamais prévaloir.

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