CHAPITRE XXVI
Des miracles qui découlent de ce qui a été dit dans le chapitre précèdent sur la conversion du monde.
J'ai dit, au commencement du chapitre précédent, que la conversion du monde était le plus grand de tous les miracles, paire qu'il y avait là un tel concours de circonstances que chacune, considérée en elle-même, était un vrai miracle, une étonnante merveille. Il semble utile d'expliquer maintenant cette proposition en montrant que ces prodiges ne pouvaient réellement s'accomplir si le doigt et la vertu de Dieu ne les avaient opérés.
Le premier de ces prodiges fut la destruction de l'idolâtrie, dont le règne s'étendait jusqu'aux limites de l'univers et qui était défendue par tous les princes et les empereurs avec un acharnement et une rage dont on n'a pas l'idée. Quelle puissance humaine, quel roi, quel empereur, auraient été capables d'arracher du cœur des hommes un mal si universel, si ancien, si profondément entré dans les habitudes et si agréable à la chair, puisqu'il ouvrait la porte à tous les vices qui sont les compagnons inséparables de l'idolâtrie? Dieu seul pouvait, par la force de son bras, opérer cette merveille.
Ce ne fut pas un moindre prodige d'amener les hommes à adhérer aux ventés qu'on leur enseignait. Et ici, laissant de côté le mystère de la très -sainte Trinité, du saint sacrement, de la créalion du monde, de la résurrection des corps et de tous les autres articles de la foi qui dépassent la faculté de la raison humaine, je parlerai seulement de l'incarnation et de la passion du Sauveur. ainsi que des circonstances qui s'y rapportent et qui en font connaître toute la grandeur. Que proposait-on en effet à la foi du monde? On lui parlait d'un homme regardé communément comme le fils de Joseph, un obscur charpentier, et d'une mère pauvre qui l'avait mis au monde dans une étable, et qui avait déposé ses membres naissants dans une crèche, seul berceau