‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 13 sur 383 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des quatre éléments.

La terre.

Quoique la terre soit le plus vil de tous les éléments, qui pourrait dire les services qu'elle nous rend et les avantages que nous en pouvons retirer? C'est la terre qui pourvoit pour la plus grande part aux besoins des hommes et aux nécessités des animaux et des troupeaux ; c'est elle qui produit tant de plantes et tant d'arbres, qui, soit qu'ils donnent des fruits, soit qu'ils demeurent stériles, sont tous également nécessaires à notre usage ; avec les uns nous construisons nos maisons ; avec les autres, nos navires; ceux-là enfin, moins nobles et moins précieux, servent à réchauffer nos membres ou à apprêter notre nourriture. C'est la terre qui donne naissance aux fontaines limpides qui sortent de son sein avec une abondance intarissable, sans qu'on puisse jamais découvrir le secret de cette merveille. C'est de la terre que s'élancent ces mille fleuves qui, comme les veines fécondes de ce vaste univers, portent partout le tribut de leurs flots afin de rafraîchir les endroits desséchés, d'arroser les campagnes et aussi de nous fournir un aliment nouveau dans les poissons qu'ils contiennent. C'est la terre qui forme tant de lacs et de lagunes auxquels nous sommes redevables des mêmes bienfaits. Que si de la surface de la terre, nous passons à ses impénétrables profondeurs, que de richesses cachées ne découvrirons-nous pas?

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