CINQUIÈME PARTIE, PREMIERE SECTION, CHAPITRE IV
Le cuivre, l'étaiD, le plomb, le laiton, le fer, qui nous sert d'instrument de labour, l'or et l'argent, objets incessants de commerce entre les peuples , tant de pierres précieuses enfin dont la beauté magnifique orne le front des princes et des rois. Ajoutez à ces merveilles, les carrières innombrables qu'elle renferme; de là viennent non-seulement les pierres grossières employées à la construction de nos édifices, mais encore les pierres les plus précieuses et les marbres les plus rares : le jaspe, l'albâtre, le cristal, le porphyre, et tant d'autres marbres d'une finesse exquise, les uns blancs, les autres noirs, les autres jaspés, ou de toute autre couleur, que le Seigneur a créés pour l'ornement de ses temples, des palais et des demeures royales , afin que rien ne manquât à ce palais du monde et à ceux qui l'habitent. Il y a encore dans l'intérieur de la terre des sources d'eau très-abondantes; quand les fontaines et les ruisseaux de la surface se desséchent, l'homme peut, en creusant, y faire des puits qui suppléent à ce défaut; attention délicate de la Providence, qui, sachant combien est indispensable à l'homme et aux animaux le rafraîchissement de cet élément particulier , veut qu'ils n'en soient jamais privés ! La terre, en un mot, nous soutient et nous porte sur ses épaules tant que nous vivons, puis, quand nous sommes saisis par la mort, comme une mère tendre elle nous ouvre son sein et présente à nos froides dépouilles un immortel repos.
La mer.
La mer ne nous est pas moins utile que la terre. La mer est un vaste marché, ou, si on l'aime mieux, une grande table ouverte à nos besoins par la Providence divine. Que de mets savoureux ne contient-elle pas? Que de poissons d'espèces différentes ne nourrit-elle pas dans ses eaux? Les compter, serait impossible: le Créateur, qui a fait la mer, a voulu qu'elle entourât de toutes parts la terre, comme nous le voyons dans le grand Océan, afin que tous les peuples qui vivent sur ses rivages ou qui n'habitent pas loin de ses bords eussent dans son sein une nourriture tou-
jours prête, qu'ils n'auraient qu'à sortir fie l'eau. Quoi! Dieu n'at-il pas encore permis à la mer de briser ses barrières et de pénétrer avec les eaux de la Méditerranée dans le cœur de la terre, afin que ceux-là même qui vivaient loin de l'immense Océan, pussent profiter des mêmes faveurs? Mais ce n'est pas tout : la mer unit les peuples; toute - puissante comme moyen de commerce, elle fait de toutes les nations une même famille en rendant entre elles tous les biens communs, et en échangeant par la voie de la navigation les fruits d'un pays contre les produits d'une contrée moins ou autrement fécondes. En temps de disette ou de famine elle prévient ainsi bien des maux en permettant une navigation sûre et rapide. Que de merveilles dans tous ces poissons, dans toutes ces coquilles, dans tous ces êtres innombrables et variés que la mer contient et fait vivre ! Quelle merveille surtout dans la place et dans le siège qu'elle occupe ! Ne parlons plus des premières merveilles et ne nous occupons que de celleci. La mer par sa nature était faite pour couvrir la terre et pour l'envelopper; mais à la voix toute - puissanie du Créateur elle abandonne sa place naturelle et, docile jusqu'à la fin, elle découvre la terre afin de permettre aux hommes d'y faire leur séjour. Ce miracle en entraînait un second dont le Créateur se glorifiait dans le prophète Jérémie, Jért'm. v, 22, et qui consiste à avoir donné pour borne et pour limite à un élément furieux qui élève ses vagues jusqu'au ciel, un peu de sable mouvant; la mer se précipite furieuse et semble dans sa violence vouloir inonder la terre, mais un peu de sable l'arrête et devant lui elle reconnaît la loi qui l'a placée là, et n'ose pas franchir cet obstacle. C'est encore une autre merveille remarquable que celle dont parlait Salomon, en disant : « Tous les fleuves vont incessamment à la mer et la mer n'augmente ni ne déborde. » Eccles. i, 7.
L'air.
L'air, qui est le troisième des éléments . n'est pas moins indispensable à la conservation de notre vie; c'est par lui que nous