‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 15 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, PREMIÈRE SECTION, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, PREMIÈRE SECTION, CHAPITRE IV

respirons et que nous vivons, c'est lui qui rafraîchit notre cœur, et si nous en étions absolument privés un seul instant, nous mourrions. Il sert à former les esprits vitaux si nécessaires àl'existence. Les vents qu'on peut regarder comme n'étant autre chose que l'air en mouvement, sont d'un puissant secours pour la navigation et le commerce. Ils ont une autre mission également importante; et, passant sur la mer, ils poussent les nuages, qui sont comme des réservoirs chargés d'eau, avec lesquels la terre arrosée devient féconde. Par eux l'air se purifie, le grain s'épure sur l'aire, les plantes se rafraîchissent, nos corps enfin, au temps des fortes chaleurs, trouvent quelque soulagement aux ardeurs qui les consument.

Le feu.

Le quatrième élément est le feu : bornons-nous à constater uu de ses principaux avantages. L'air, en se concentrant en luimême, pour s'éloigner du feu, produit, dans la région qui lui appartient, les glaces et les neiges, et contribue ainsi à enraciner profondément dans la terre les semences qu'on lui confie.

Le soleil et la pluie.

En dehors des bienfaits que nous devons à ces quatre éléments, le Sauveur se plaît à en célébrer d'autres qui nous viennent du soleil et des pluies. Un jour qu'il exhortait ses disciples à aimer leurs ennemis et à faire du bien à ceux qui leur faisaient du mal, il ajouta : « Agissez ainsi, afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est dans les deux , qui fait lever son soleiFsur les bons et sur les méchants, et pleuvoir sur les justes et sur les^pécheurs. » Matth. v, 45.

En parlant du soleil, la première chose qui nous frappe c'est sa splendeur et sa beauté. Et quel spectacle, en effet, plus éblouissant peut s'offrir à nos regards, que celui du soleil sortant du sein des ténèbres au milieu des splendeurs de l'aurore? Sa lumière dissipe

les ombres, rend aux choses leurs couleurs, réjouit le ciel, la mer, la terre et les yeux de tous les animaux. Nous pouvons bien, avec le Prophète, dire de cet astre magnifique « qu'il est aussi beau qu'un nouvel époux qui sort de son lit nuptial , et qu'il s'élance dans l'espace avec la force et la légèreté d'un géant. » Ps. xvin, 5. Chaque jour il franchit avec une régularité inconcevable la vaste étendue des cieux, et chaque matin h l'aurore il reparait aux mêmes lieux pour fournir la même carrière. Le soleil est un flambeau allumé par la main toute- puissante de Dieu et placé par elle dans les hauteurs du firmament; l'éclat de ses rayons suffit pour éclairer ce vaste univers, c'est-à-dire l'immensité des cieux et la terre. Mais la lumière qu'il répand n'est pas son seul bienfait. Sa chaleur nous protège contre les rigueurs des frimats en même temps qu'elle fait naître et qu'elle fructifie les plantes. C'est le soleil qui communique sa lumière à toutes les étoiles, à la lune et aux autres planètes et leur permet ainsi de faire sentir à tous les corps de la terre leur vertu et leur influence. C'est encore le soleil qui , en s'approchant et en se retirant de nous dans des mouvements d'une étonnante régularité, produit les quatre saisons, l'hiver, le printemps, l'été et l'automne, si utiles à la naissance et au développement de toutes choses. Pendant les froids de l'hiver, les plantes prennent racine et s'attachent à la terre afin de pouvoir croître sans craindre d'être renversées; sous les douces influences du printemps elles croissent et s'élancent vers la lumière ; les ardeurs de l'été, sans augmenter leur grandeur , font mûrir leurs fruits ; pendant l'automne enfin les derniers fruits parviennent à leur maturité, tandis qu'on travaille la terre et 'qu'on la prépare à recevoir les semences. Cette variété des saisons conserve eu même temps la santé de nos corps! Nos corps, en effet, sont composés de quatre humeurs, correspondant aux quatre éléments qui forment toutes choses ici-bas, et chacune de ces humeurs a besoin pour se refaire d'une saison particulière. Mais admirez la sage économie de la Providence ! comme ces humeurs sont contraires les unes aux autres, il a fallu, pour les empêcher de se nuire mutuehement, maintenir entre elles un parfait équi-

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