CINQUIÈME PARTIE , PREMIÈRE SECTION , CHAPITRE IV
libre, et c'est pour cela que le Créateur leur a donné aux unes et aux au ires un laps de temps égal pour réparer leurs forces affaiblies, c'est-à-dire, trois mois de l'année.
Le soleil combiné avec le mouvement des cieux est aussi la cause du jour et de la nuit, deux choses si utiles à notre vie et qui nous rendent de si précieux services ; le jour est le temps du travail pour les hommes et pour les animaux, la nuit est au contraire pour les uns et pour les autres le temps du repos. La nuit, en outre, à cause de sa fraîcheur humecte et rafraîchit les plantes , elle leur rend ce que les ardeurs du jour avaient consumé. Mais qui pourra jamais raconter entièrement la puissance de cette planète et les services qu'elle reud? N'est-ce pas elle qui fait croître, fleurir et fructifier les arbres et les plantes? Que disje? son influence, dépassant la surface même de la terre, va produire dans ses profondeurs les métaux et les pierres précieuses dont nous avons parlé. Une des choses qui frappent le plus dans cette planète, c'est la légèreté avec laquelle elle se meut. Quoique le soleil soit en effet, au rapport des astronomes, cent soixante six fois plus graud que la terre, et il convenait qu'il en fût ainsi puisqu'il était destiné à répandre sa lumière et sa chaleur sur l'univers entier, un quart d'heure à peu près lui suffit pour se découvrir à nous tout entier. Il résulte de là que dans ce petit espace de temps le soleil parcourt une distance aussi grande que la longueur de la terre, et cela non pas une fois, mais cent soixante-six fois; prodige vraiment extraordinaire qui confond les intelligences et nous fait bien connaître la toute-puissance du Seigneur qui lui communique une si grande vitesse !
Le Sauveur parle encore du bienfait de la pluie, qui est un puissant secours pour notre vie, à laquelle même elle est indispensable. Le pain, le vin, l'huile, qui entretiennent notre existence, les herbes dont subsistent les animaux qui deviennent pour nous une si excellente nourriture, en même temps que leur cuir et leur laine nous procurent des vêtements et des chaussures, toutes ces choses nous sont acquises par l'influence des eaux du ciel. Quand là pluie manque, tout souffre. Voilà pourquoi, lorsque Dieu a voulu se venger des crimes et de l'oubli
des hommes, il a fermé les fontaines du ciel; il espérait que, châtiés de la sorte, les hommes tomberaient humblement à ses pieds, implorant sa miséricorde, reconnaissant leur crime et corrigeant surtout leur vie, car la prière est sans efficacité quand elle n'est pas suivie d'une réforme complète dans les mauvaises habitudes. Il y a dans la pluie deux phénomènes qui font éclater magnifiquement la providence divine. Le premier, c'est la manière dont elle se forme. L'eau est un corps pesant qui tend toujours par sa nature à se précipiter vers le centre de la terre, et cependant, par un prodige merveilleux, le Créateur a permis que le soleil attirât vers les hauts lieux les vapeurs de la mer, et ce n'est que lorsqu'elles se sont élevées par cette attraction puissante qu'elles se condensent et que leur propre poids les l'ait tomber à terre. Le second phénomène que présente la pluie, c'est la manière dont che tombe ; elle est en effet si fine et si menue qu'on la dirait tamisée, ce qui lui permet de pénétrer jusqu'aux entrailles de la terre. Rien ne vaut pour les plantes cette eau que le ciel leur envoie et qui les rafraîchit et les engraisse dans de telles proportions que si les intelligences humaines avaient à demander un semblable bienfait, elles ne pourraient le désirer ni plus propice ni plus favorable. Voilà pourquoi le prophète Jérémie, s'entretenant avec Dieu et condamnant la vanité des idoles, s'écriait : « Est-ce par le pouvoir des idoles des nations que les nuées se répandent? Les eieux eux-mêmes peuvent-ils donner la pluie? N'est-ce pas vous, notre Seigneur et notre Dieu, que nous avons attendu? C'est vous qui avez fait toutes ces merveilles? » Jerera. xiv, 22. En voilà assez sur les deux bienfaits que notre Seigneur avait si vivement exalté.