‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 154 sur 383 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la ressemblance qui existe entre la rédemption et la création.

Pour mieux apprécier le grand mystère de notre rédemption, il est bon de savoir que toutes les œuvres de notre Seigneur, et surtout celle-ci, la plus grande de toutes, sont ordonnées avec une sagesse et un conseil profonds. Ce qu'il y a de remarquable en elles, c'est que la loi qui règle les œuvres de la nature règle aussi celles de la grâce. Les unes et les autres appartenant à Dieu et étant toutes sœurs et filles d'un même père, il était juste qu'elles eussent entre elles quelque ressemblance et quelque rapport. Le saint docteur base tous ses raisonnements sur cette observation. C'est pour cela que nous avons imaginé deux inondes dans le monde, l'un naturel, que nous voyons avec tout ce qu'il renferme, l'autre surnaturel, qui n'est autre que l'Eglise catholique avec ses mystères et ses sacrements ; sachant alors quelles sont les lois qui ont dirigé notre Seigneur dans la création du monde visible, nous nous élevons à la connaissance de celles qu'il a suivies dans la formation du monde surnaturel.

Boëce explique en peu de mots cette grande vérité : « Le plus beau des êtres avait conçu dans son esprit l'image d'un monde magnifique, et sa main le créa conforme à sa pensée. » Qu'est-ce à dire? Ah! sans doute, que le Seigneur, infiniment beau, qui est même la source de toute beauté, traçait et concevait dans son entendement divin une image parfaite de ce monde, et que s'en tenant à cette image comme à un type invariable, il le créa et le sortit du néant. Cependant il voulut, en dehors de lui, donner à sa création un prince et un gouverneur auquel elle fût soumise, et c'est alors, pour commencer par ce qui est plus élevé, qu'il créa le ciel, appelé premier moteur, et avec lui un ange éminent qui eût mission de le mouvoir avec une incroyable vitesse, puisque dans l'espace d'un jour les cieux font le tour du monde; ce

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