CINQUIÈME PARTIE, SECTION III , CHAPITRE III
général dont ce Seigneur se sert. Car, ainsi que le dit saint Cyrille, le Verbe divin, qui est l'auteur et la source de la vie, en s'unissant à la nature humaine, lui a communiqué la vertu d'opérer avec lui, de devenir son instrument, et de donner comme lui la vie.
De ce qui précède, il s'ensuit que tous les mouvements et toutes les altérations de ce monde inférieur, quels qu'ils soient, dépendent du mouvement des premiers cieux. Il en est ainsi dans le monde dont nous venons de parler. Toutes les œuvres vertueuses et saintes y découlent de la grâce et des mérites de l'humanité sacrée, que nous avons comparée aux premiers cieux de l'ordre naturel, de telle manière qu'il n'y a pas un bon propos, un désir, un gémissement, une œuvre ou une parole agréable à Dieu, qui n'ait son principe dans les mérites et la grâce de ce Seigneur. Comprenons donc bien que tous les biens nous viennent par lui, que nous devons lui en rendre grâces, que c'est à lui et par lui qu'il faut les demander, que nous devons recourir à lui dans tous nos besoins, que nous devons mettre en lui seul toute notre confiance, notre amour, notre félicité, toutes nos affections et toutes nos pensées, qu'enfin nous ne devons pas regarder comme perdu le temps que nous employons avec lui et pour lui.