‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 168 sur 383 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De la promptitude et de la joie avec lesquelles le Fils de Dieu a embrassé tous les travaux et toutes les peines qu'exigeait notre rédemption.

Jusqu'ici nous avons démontré que Dieu n'avait pas de meilleur moyen de sauver le monde, que d'unir son Fils, le Verbe divin, à la nature humaine, sous la réalité d'une seule personne. Nous avons à voir maintenant avec quelle promptitude, quelle bonne volonté et quelle joie notre Seigneur s'est offert à la douloureuse entreprise de notre rédemption.

Mais afin d'entendre ce mystère jusque dans ses premiers principes, n'oublions pas que l'union du Verbe divin avec la nature humaine a eu lieu dans les entrailles virginales de la vierge Marie. L'ange finissait à peine de révéler le sujet de son ambassade , et la sainte Vierge de donner son consentement , lorsque l'humanité sacrée du Sauveur fut créée dans le sein de cette femme incomparable, et s'unit dans une union très-étroite à la personne du Verbe, de manière à ce que deux natures n'y formèrent plus qu'une même personne. Mais aussi comme cette dignité nouvelle, la plus grande de toutes celles que le bon Dieu puisse accorder, fut prévenue de toutes les grâces, de tous les pouvoirs et de toutes les richesses qu'elle méritait ! Tous les dons de Dieu lui furent prodigués sans bornes et sans mesure, et s'il était possible que les dons de Dieu s'épuisassent jamais, c'est bien dans cette circonstance qu'ils auraient été épuisés. Au mo-

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