‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 179 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, SECTION III, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, SECTION III, CHAPITRE VII

goisses de cette femme privilégiée pour un enfant innocent que ses yeux purent contempler tout nu sur une croix, les mains et les pieds percés de clous, le côté ouvert par une lance, et qu'elle reçut ensuite, quand il fut mort, dans ses mains virginales. Comment pourrons-nous comprendre jusqu'où arriva cette douleur prédite depuis si longtemps par le prophète Siméon ? Certainement, si le Sauveur avant sa passion put dire en toute vérité : « Mon âme est triste jusqu'à la mort, donnant à entendre que cette douleur suffisait pour causer la mort s'il ne l'eût arrêtée lui-même, on peut dire aussi que la douleur de la vierge Marie suffisait pour la mettre à mort, si Dieu ne l'eût gardée pour le bien de son Eglise.

Ne finissons pas sans observer ici que si le Fils de Dieu tout aimable a soumis sa mère à toutes les épreuves, ce n'était ni à cause de ses péchés, puisqu'elle n'en avait jamais commis, ni à cause des péchés du monde, puisque sa passion suffisait pour les expier, mais seulement afin que la plus grande gloire des saints, celle de souffrir beaucoup pour Dieu, ne manquât pas à la plus sainte des femmes. Plus cette œuvre est coûteuse, plus elle est méritoire, et plus elle nous déclare l'excellence de la vertu et la perfection de la charité.

Page 1