‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 185 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, SECTION III, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, SECTION III, CHAPITRE VII

Que si on veut connaître l'origine de l'amour du Sauveur envers les hommes, on peut relire le chapitre précédent où les sources et les racines de cet amour sont clairement exposées. La grandeur des richesses et des grâces qui furent accordées à l'humanité sacrée de Jésus-Christ, l'intensité de l'amour et de l'obéissance que le Sauveur avait pour son Père éternel, la vivacité du désir qu'il avait de sa gloire, telles sont les quatre sources de cet amour ardent qui nous révèlent en môme temps sa force et sa grandeur. Et ici, afin de mieux entendre ces choses, il faut considérer un moment la grandeur de l'amour et du désir dont quelques saints étaient animés pour le salut des âmes. Notre glorieux père saint Dominique se consumait tout entier comme une flamme vive afin d'empêcher leur perdition ; saint Paul, ce grand apôtre dont nous avons déjà exalté la charité, désirait devenir anathème du Christ pour sauver ses frères ; Moïse « conjurait le Seigneur de pardonner les fautes de son peuple ou de l'effacer du livre sur lequel il était écrit, » Exod. xxxii, 31, 32; sainte Catherine de Sienne, dans l'ardeur de sa charité, baisait la terre que foulaient les pas des apôtres de l'Evangile, afin de contribuer pour sa part à sauver des âmes, et elle priait Dieu de se servir d'elle pour fermer la porte de l'enfer, afin qu'aucune âme ne pût y entrer après elle. Or ne savons-nous pas que la charité du Christ est d'autant plus élevée au-dessus de celle des saints, qu'il est d'une nature plus excellente qu'eux, et dès lors quel ne sera pas son désir de sauver les âmes, et avec quelle résignation ne s'offrira-t-il pas à la mort pour elles? Cet amour et ce désir ardents, notre Seigneur les révélait lui-même à ses disciples qui le sollicitaient de manger : « Ma nourriture, leur disait- il, est de fane la volonté de mon Père qui m'a envoyé, et d'accomplir son œuvre, Joan. iv, 34, qui n'est autre que la rédemption du genre humain.

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