‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 192 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, SECTION III, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, SECTION III, CHAPITRE XI

y marcher, les portes du ciel sont ouvertes même aux larrons, et ils refusent d'y entrer ; ils ne veulent pas enfin s'appliquer à euxmêmes, dans le sacrement de pénitence, la satisfaction générale de leurs fautes qu'on leur y offre. Au milieu de bienfaits si nombreux et si puissants pour allumer en eux un vif et brûlant amour, ils demeurent insensibles ; ils sont pleins d'orgueil devant tant d'exemples d'humilité, et ces mystères et ces prodiges que Dieu opère en leur faveur, ne leur ouvrent point les yeux et ne touchent pas leurs cœurs.

On voit donc que cela même qui nous montre la grandeur de la providence et de la miséricorde de Dieu nous oblige à redouter sa justice. Plus en effet les secours que Dieu nous aura donnés auront été considérables, et plus nos obligations seront grandes et les comptes que nous aurons à rendre rigoureux. Il est juste, en effet, qu'on soit d'autant plus sévère envers nous que nous aurons plus abusé de ses dons. Cette pensée pénétrait tous les saints d'une crainte salutaire qui avait plutôt sa source dans les bienfaits dont ils abusaient que dans les péchés qu'ils avaient commis ; le Sauveur en effet avait dit lui-même : « On exigera beaucoup de celui à qui on a donné beaucoup. » Luc. xu, 48.

Il faudrait maintenant faire voir comment dans ce mystère traité de folie par les Gentils, la sagesse de Dieu s'est manifestée avec magnificence; mais comme ce sujet suppose des notions qui seront données plus loin, nous nous réservons de le traiter en son heu.

Page 1