‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 193 sur 383 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Comment dans la passion sacrée et dans l'incarnation la toutepuissance de Dieu s'est manifestée d'une manière éclatante.

La toute-puissance de Dieu a eu aussi sa large part dans la passion sacrée du Sauveur, et c'est ce qu'il nous déclarait luimême dans les divines paroles citées plus haut : « Maintenant voici le jugement du monde; maintenant le prince du monde sera chassé, et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tout à moi. » Joan. xu, 31-32. Dans ces paroles deux grands

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événements, deux grandes entreprises sont prédites ; les événements les plus extraordinaires, les entreprises les plus difficiles qu'on ait jamais vus dans le monde : l'extirpation de l'idolâtrie et la conversion des hommes à l'adoration d'un Dieu-Homme crucifié entre deux voleurs. Or, pour mener ces œuvres à bonne fin, il fallait une grande puissance, telle, en un mot, qu'on n'en eût jamais connu de pareille. Nous avons déjà parlé longuement de cette grande merveille à la fin du second traité de cette cinquième partie ; aussi ne répéterons-nous pas ici ce que nous y avons déjà dit.

On connaît encore la grandeur de ce pouvoir, par l'effroi dont toutes les créatures furent saisies au temps de sa passion. « Le ciel s'obscurcit, la terre trembla, les pierres se fendirent, les sépulcres s'ouvrirent, le voile du temple se déchira, les étoiles ne donnèrent plus leur clarté et se couvrirent de deuil à la mort de leur Créateur. » Mat th. xxvu. Que ces témoignages de compassion et de douleur sont magnifiques ! et comme il est évident que celui qui était ainsi pleuré par ses créatures était le vrai Dieu et le Seigneur tout-puissant du ciel et de la terre. C'est à cette marque que le bon larron le reconnut et lui demanda une place dans son royaume, non plus dans celui de la terre dont il allait sortir, mais dans le royaume du ciel où devait éternellement régner le Crucifié. C'est encore à cet indice infaillible que le Centurion le reconnut et qu'il s'écria : « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu. » Matth. xxvn, 54. C'est aussi au même signe que tous ceux qui étaient présents à sa mort, le reconnurent pour Dieu , frappèrent leur poitrine et reconnurent leur péché.

Cette même toute-puissance brilla encore et d'un plus vif éclat peut-être dans le mystère de l'Incarnation qui précéda celui de la passion sacrée. Saint Thomas appelle ce mystère le plus grand en miracles, parce qu'en lui l'Etre divin et sa personnalité, qui sont infinis, se sont unis à la nature humaine finie et créée, et cela avec une perfection remarquable qui conservait la perfection des deux natures, sans que la plus noble absorbât la plus vile, <'f sans que la moins noble diminuât la gloire de la plus grande. Malgré leur distinction profonde, ces deux natures sont uni''-

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