‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 194 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, SECTION III, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, SECTION III, CHAPITRE XII

entre elles d'un lien si étroit qu'elles ne forment plus qu'une soûle personne, la personne du Verbe divin. Il n'est pas étonnant de trouver de l'unité entre deux choses distinctes quand il survient entre elles un mélange et une composition ; c'est ainsi que de tous les mets dont nous nous nourrissons se forme une autre substance, notre sang et notre chair, qui résulte de la combinaison et du mélange des parties. Mais que les deux natures divine et humaine, quoique constituées dans toute leur perfection, soient unies entre elles d'une unité et d'un lien si étroits, qu'on peut attribuer à la nature divine toutes les propriétés de la nature humaine et à la bassesse de la nature humaine toutes les excellences de la divinité, voilà un éternel sujet d'admiration ! Dans ce mystère, comme le dit le pape saint Léon, l'unité n'est pas cause de la confusion ni de la détérioration de leur nature. L'une d'elles est passible et l'autre impassible ; celle à qui appartient l'ignominie possède aussi la gloire ; le même Seigneur est à la fois faible et fort ; il est sujet à la mort et en même temps vainqueur de la mort. Par une de ses natures Jésus-Christ s'entoure du prestige du miracle, par l'autre il accepte tous les outrages et toutes les ignominies ; d'un côté il ne cesse pas d'être égal à son Père, de l'autre il conserve la condition et la nature de sa Mère. L'humilité en lui se confond dans la majesté, et toute sa majesté est enfermée dans son humilité. Ainsi s'exprime saint Léon. Cette communion des parties entre elles a pour cause le lien admirable et étroit des deux natures en une seule personne, ce qui est la plus grande des merveilles de Dieu, et celle qui nous donne justement la grandeur de la puissance qui peut opérer ainsi.

Page 1