‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 198 sur 383 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Où l'on commence a montrer que la passion sacrée du Sauveur fut un moyen très-convenable de guérir les misères et les nécessités humaines.

Nous avons dit, en commençant, qu'entre tous les moyens dont Dieu pouvait user pour nous sauver, le plus propre à glorifier Dieu et à guérir nos misères était celui de la passion du

Sauveur. Que cette passion ait glorifié Dieu, c'est ce que nous venons de voir, quoique rapidement dans ce qui précède; il nous reste maintenant à montrer connu eut elle est aussi le moyen le plus convenable de pourvoir à nos 1» soins. Notre premier besoin était d'offrir à la majesté de Dieu une satisfaction pour nos fautes qui nous rétablit dans son amitié et dans sa grâce ; or nous avons déjà vu combien parfaitement le Sauveur avait réalisé ces choses dans son sacrifice adorable, et nous n'y reviendrons pas. Poursuivons, en faisant voir encore comment cette même passion est devenue le remède des autres nécessités et infirmités spirituelles qui nous empêchent de marcher librement dans le chemin du ciel.

Il est nécessaire avant tout de savoir que l'homme, en tant qu'homme, a. deux facultés qui le distinguent des animaux et le rendent semblable aux anges : l'entendement et la volonté ; tout Le reste lui est commun avec les bêtes. Ces deux puissances de notre âme ont. été dépréciées et affaiblies par le péché. L'entendement obscurci demeure impuissant à connaître Dieu et ce qui se rapporte à lui, et de cette impuissance découlent toutes les idolâtries, superstitions, hérésies et erreurs qui ont existé dans le monde; la volonté chancelante est infirme et rebelle, que dis-j<\ .•Ile se sent plus portée à s'aimer elle-même qu'à aimer Dieu, préférence coupable qui est lYsseï n-e du péché originel, en même temps que la racine et le principe des autres péchés.

S'il en est ainsi, il s'ensuit que guérir l'homme c'est réformer ces deux facultés si remarquables qui sont en lui ainsi que les autres puissances inférieures de son âme, afin de fortifier leurs faiblesses et de lui rendre par là le chemin de la vertu praticable et facile. Or, sans contredit, il n'y avait pas pour l'homme de remède plus efficace que celui du mystère de la passion du Sauveur, puisqu'il suffisait seul pour opérer cette cure admirable. Dieu, étant par sa nature un et très-simple, renferme en lui-même la perfection de tout ce qui existe, et la passion de son Fils guérira toutes nos misères d'une manière si complète, qu'en s'appliquant à chacune d'elles elle semblera, tant elle est efficace, n'être instituée que pour eUe seule ej non pas pour les autres, \oila

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