CINQUIÈME PARTIE, SECTION III, CHAPITRE XV
gements trouvent une consolation dans la vue du Sauveur crucifié; nous n'avons même, il faut le dire, d'autre remède en notre pouvoir que celui-là; jetons donc les yeux sur la croix de Jésus-Christ, et souvenons-nous que si lui, qui est la source de toute sainteté et de toute justice, a voulu, pour effacer nos fautes, se soumettre à de si pénibles travaux, l'homme ne doit pas hésiter à souffrir quelque chose pour effacer ses propres péchés. La passion du Sauveur offre encore un remède assuré contre toutes les tentations et toutes les suggestions de l'ennemi. Saint Augustin qui avait approfondi ces mystères disait bien qu'il n'y a pas de plus grand secours contre les tentations que de se réfugier dans les plaies de Jèsus-Christ. Que voulait-il dire par là? Sans doute, qu'au moment de la tentation, l'homme devait jeter les yeux sur le Christ crucifié, considérer sa face défigurée et son corps ruisselant de sang, se souvenir que celui qui souffre est un Dieu et qu'il ne souffre, qu'à cause de nos péchés, redouter enfin de faire jamais une chose dont le remède a tant coûté au Fils même de Dieu, et que Dieu hait tant qu'il a livré son Fils unique à la mort pour détruire et tuer le péché. Oh ! que le Père éternel doit traiter sévèrement le mauvais serviteur tout chargé de ses péchés propres, lui qui a pris de son Fils innocent et uniquement chargé des péchés des autres, une si rude satisfaction.