‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 230 sur 383 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

De la gloire cachée sous les ignominies extérieures de la passion

du Sauveur.

Il nous reste encore, pour compléter l'exposé de ce mystère, à satisfaire aux yeux de la chair qui jugent indigne de cette majesté souveraine de se soumettre aux ignominies de la passion. Ah ! il n'est pas difficile de répondre à cette objection. Ne sait-on pas en effet qu'on juge de la nature d'une mort non pas tant par les circonstances qui l'accompagnent que par la cause qui l'occasionne? S'il n'y a rien de plus ignominieux que de souffrir pour quelque faute, parce que cette souffrance suppose toujours une âme vile et misérable, il n'y a rien de glorieux comme de mourir pour une chose juste : pour la foi, pour la chasteté, pour la justice, pour la patrie ou pour le bien public. Dans ce dernier cas, plus la souffrance sera cruelle et honteuse, et plus sera grande la gloire de ceux qui s'y soumettent. Or, pour connaître la cause des souffrances du Sauveur, il suffit de jeter les yeux sur les fruits de sa passion, que nous avons déjà signalés, sur la transformation merveilleuse opérée dans le monde par cette passion, sur cette infinité de martyrs enfin qui ont glorifié

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