‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 243 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, SECTION IV, CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, SECTION IV, CHAPITRE PREMIER

paré au premier, il serait pourtant plus glorieux par l'entrée et la présence du Sauveur, qui l'honorerait tant de fois de sa personne, et par la doctrine qui y serait prêchée, il en résulte nécessairement que ce temple attendrait sa venue tant qu'il demeurerait debout et dans son entier. Et dès qu'il nous est prouvé que ce temple est détruit, il devient aussi constant pour nous que le Sauveur est venu. Quel esprit ne serait pas convaincu par une prophétie si claire? Je ne puis assez m'étonner par là de quel immense pouvoir jouit le démon, qui jette ses ténèbres dans unelumière si éclatante, et aveugle à ce point les cœurs de ceux qu'il tenait déjà charmés et soumis. Mais je cesse de m'étonner eu considérant combien de cœurs de Pharaon il y a dans ce monde, que ni la vue des océans entr'ouverts, ni les premiers-nés frappés de mort, etc., etc., ne décident point à se rendre à un Dieu si puissant. Exod. xn, 12; xiv, 21.

Huitième signe : fin du règne de la tribu de Juda.

Ajoutons à cette prophétie celle du patriarche Jacob qui, en donnant la bénédiction à son fils Juda, lui annonça que le sceptre ne sortirait de sa maison que lorqu'arriverait Celui qui devait être envoyé pour être l'espérance des nations. Gen. xlix, 10. Et à la place de ces paroles : Celui qui doit être envoyé, la traduction du Targum, qui fait grande autorité parmi les Hébreux, dit plus clairement : Jusqu'à ce que vienne le Messie. Et cela s'accomplit effectivement à partir du règne de David jusqu'aux Machabées, qui, bien qu'ils fussent de la lignée des prêtres, se trouvaient parents par la tribu sacerdotale et royale, comme il le paraît d'après l'histoire des Rois, où il est écrit que Josabeth, fdle du roi Joram, était mariée au pontife Joiada. II Par. xxn. Ce qui fait que ceux qui descendaient de la ligne de ce prêtre étaient déjà de la ligne de David. C'est pourquoi saint Luc appelle sainte Elisabeth, qui était de la ligne d'Àaron, grand prêtre, parente de notre souveraine, laquelle était de la famille de David. Revenant à notre sujet, ce sceptre et cette souveraineté cessèrent de se

transmettre au temps d'Hérode, lorsque le Sauveur naquit. Car cet Hérode, qui était de la race des Iduméens, favorisé par l'appui des Romains, vainquit Antigone, roi de Judée, et s'empara du royaume et mit fin à la tradition de la famille de David, en en faisant tuer tous les descendants, brûler tous les ouvrages qui établissaient la généalogie de cette famille, et jusqu'aux docteurs de la loi, qui enseignaient qu'aucun étranger ne pouvait être roi; et cela, pour mieux assurer son usurpation. Or, nous qui voyons qu'il y a plus de quinze cents ans que le sceptre est tombé de la maison de Juda, que pouvons-nous conclure, sinon qu'il y a autant d'années que ce Seigneur destiné à être l'espérance des nations est venu? Qui peut nier cela à moins de nier la vérité des saintes Ecritures et des promesses divines ? De sorte que, de la même manière que nous déduisons de la prophétie d'Aggée la venue du Messie, avant la destruction du second temple, de même celle du patriarche Jacob nous porte à conclure que le même Seigneur devait venir avant que le sceptre de Juda prît fin. Or nous voyons l'une et l'autre accomplie, puisque le temple est tombé et que le sceptre de Juda finit en même temps que le Sauveur naquit, sous le règne d'Hérode. Ces deux choses attestent donc que le Messie est venu. Je ne sais ce que l'esprit humain peut répondre à ces deux prophéties si évidentes.

Neuvième signe : éternelle royauté de David.

Chacune des choses que nous avons exposées suffirait à établir la venue du Sauveur ; mais l'Esprit-Saint, auteur de l'Ecriture, voulant nous donner une vue manifeste de ce Seigneur et ôter tout prétexte à ceux qui refuseraient de le reconnaître, ajouta signes sur signes pour que nous ne pussions pas perdre de vue ce qui nous importait tant. Et pour cela, il joignit aux signes déjà donnés celui de la perpétuité du règne de David, qui n'est autre chose que l'affirmation du règne du Christ, notre Sauveur, fils de David, qui règne aujourd'hui et régnera toujours sur le peuple chrétien. En effet, David, dans la ferveur d'une grande

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