‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 259 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, SECTION IV, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, SECTION IV, CHAPITRE IV

fidèles dans la foi de ce sacrement et confondre les hérétiques et les infidèles, pour qu'ils n'aient aucune excuse dans leur infidélité, car ce miracle eut tant de retentissement dans l'Italie entière, qu'on ne peut en prétexter ignorance.

Un autre événement, digne d'éternelle mémoire, arriva dans la ville d'Avila, qui en fut témoin avec la contrée environnante. Un infidèle, poussé par le démon, prit une hostie consacrée que l'on conservait dans le tabernacle , et pour l'enlever plus sûrement, la mit dans une besace. Mais un catholique remarqua que de cette besace sortaient des flammes. Il en donna connaissance au Saint-Office. On se saisit de l'homme qui, pressé de dire la vérité, avoua qu'il portait une hostie consacrée. Cette hostie fut aussitôt placée dans le tabernacle de l'insigne monastère de Saint- Thomas d'Avila, et chaque année elle est montrée au peuple le jour de la fête du Saint-Sacrement, dans l'après-midi, et toute la cité y accourt. Et bien qu'il y ait plus de quatre-vingt-dix ans que le fait s'est accompli, cette hostie est aussi intacte que le jour où elle a été déposée, bien aussi qu'on ait l'habitude, dans toutes les églises, de renouveler le Saint-Sacrement tous les quinze jours. Et lorsqu'il y a peu d'années, le très-révérend père, frère Vincent-Justinien, général de tout notre ordre, vint à ce monastère, un très-dévot frère qui l'accompagnait, du nom de frère Séraphin, qui lui succéda dans la même dignité, ne pouvait se rassasier d'admirer cette hostie, en versant d'abondantes larmes. Appelé , lorsque le moment de partir fut arrivé , il répondit : uSinite me vider e mirabilia Dei; » ce qui signifie : Laissez-moi voir les merveilles de Dieu. Et en effet n'est-ce pas une merveille de voir une hostie défier la corruption pendant plus de quatrevingt-dix ans? Qu'il soit donc béni Celui qui opère ces prodiges pour la confusion des hérétiques et des infidèles, et pour augmenter la foi et la dévotion des fidèles.

Revenons à notre principal sujet. Ce sacrement est le sacrifice du corps et du sang de notre Rédempteur, offert chaque jour sous les auspices du pain et du vin, et figuré par le sacrifice de Melchisédech, Gen. xiv, 48. En même temps que c'est un sacrifice offert à Dieu, c'est un sacrement qui donne, à qui le reçoit

dignement, la grâce de la sanctification et de la participation à la vertu du même sacrifice qui fut offert sur la croix pour nous. Que cela suffise à présent pour répondre à la seconde objection.

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