CHAPITRE [V
organes de l'estomac, qui façonne le sang par le foie et le distribue par les veines, qui engendre des esprits vitaux et toutes les forces animales, qui donne la vie, enfin, avec la chaleur, le sentiment et le mouvement de tous les membres ; ainsi notre grand Dieu, substance absolument simple, est la cause première et le principe universel de tout ce qui se fait dans le monde à l'exception du péché.
Quand une fois on a démontré de la sorte qu'il n'y a qu'un Dieu, souverain Seigneur et conservateur de toutes choses, il faut passer à l'exposition d'une autre vérité qui se déduit de celle-là ; à savoir, que ce Roi suprême doit être aimé, respecté, honoré par-dessus tout , soit à cause de la grandeur infinie de son être et de l'immense étendue de son pouvoir, soit à cause des innombrables bienfaits que nous avons reçus de lui ; et toutes les créatures qui composent le monde sont autant de bienfaits divins, puisqu'elles ont toutes été destinées au service de l'homme et que sa vie est le centre et le but de la création visible.
Cette raison a convaincu toutes les nations de l'univers, quelque barbares qu'elles aient été , de l'obligation où elles étaient d'honorer et de servir le Seigneur de tous les êtres, l'auteur de tous les biens. Mais, comme elles n'avaient pas cette lumière supérieure qui peut seule nous enseigner le genre d'honneur et de culte qui convient à Dieu, elles se sont égarées et partagées en mille sectes diverses, elles ont prétendu l'honorer par des choses indignes de sa grandeur et de sa bonté. Souverainement bon, en effet, il ne tient rien pour agréable, si ce n'est la vertu et la sainteté; rien ne l'offense que le vice et le mal. Puis donc que ce souverain Seigneur doit indubitablement être honoré d'une manière sainte et légitime, il faut de toute nécessité qu'il y ait une religion digne de lui, un culte qui lui soit agréable. Eh bien, nous déclarons que c'est la religion chrétienne : ce sera là l'objet du chapitre suivant.
Les trois vérités dont il a été question se trouvent exposées dans le premier traité de notre Sommaire ; on a de la sorte sous la main tout ce qui peut servir à l'instruction des infidèles qui désirent embrasser la foi. Ces trois vérités sont tellement certaines,
■5fi2 ENSEIGNEMENT DES VÉRITÉS DE LA RELIGION.
elles sont si clairement démontrées par la lumière même de la raison, qu'il n'est aucun homme qui puisse les nier.