CHAPITRE VI
du corps. Ils sont rigoureusement obligatoires ; tout chrétien parvenu à 1 âge de raison est tenu de les recevoir. Quant aux deux qui restent, l'Ordre et le Mariage, ils sont au libre choix des fidèles, suivant l'état que chacun veut embrasser.
Nous ne traiterons ici des sacrements que d'une manière sommaire, en signalant seulement ce qui doit rentrer dans l'instruction d'un catéchumène. Nous laissons le reste, dans une matière si souvent traitée, à la disposition de ceux qui sont chargés d'un tel enseignement.
Des sacrements en particulier.
Le Baptême est le premier de tous les sacrements ; c'est là le remède du péché originel, dans lequel nous sommes tous conçus, et de tous les péchés actuels que l'homme peut avoir commis avant de le recevoir. C'est à raison du premier péché qu'on administre ce sacrement aux enfants qui n'ont pas l'usage de la raison, mais dont la foi est garantie par celle des parents, des parrains et de l'Eglise elle-même. La divine Providence a voulu que la tache originelle ayant été contractée par le fait d'une volonté étrangère, par la faute de nos premiers parents, la guérison pût avoir également lieu par la foi des autres, comme nous venons de l'expliquer, sans le concours actuel de la volonté de celui qu'on baptise.
Pour les personnes qui ont l'usage de la raison, il est requis qu'elles donnent consentement délibéré, et qu'elles aient la douleur de leurs fautes passées, avec le ferme propos de changer de vie. Chez elles, nous l'avons dit, le baptême efface non-seulement le péché originel, mais encore les péchés actuels commis jusqu'à ce moment, sans qu'il en reste ni souillure ni peine. Et la raison en est que ce sacrement est la naissance de l'homme à la vie spirituelle : comme dans la naissance ou la génération d'une chose il se produit une complète transformation, ainsi qu'on le voit dans la transition de l'œuf en poussin, de même, dans l'homme qui nait à cette vie nouvelle, on ne retrouve plus rien de l'ancienne vie, de la vie dégradée par le péché. C'est au point que si
4fi8 ENSEIGNEMENT DES VÉRITÉS DE LA RELIGION.
l'homme mourait aussitôt après avoir été baptisé, il irait directement au ciel jouir de la vue de Dieu. Cette grâce si complète, ce pardon absolu et général, provient du sacrifice offert par Jésus- Christ et des mérites de son sang répandu, lequel a suffi pour expier tous les péchés du monde. Voilà pourquoi ce sacrement est administré par le moyen de l'eau, qui sert à laver toutes les taches et toutes les souillures; le Seigneur a voulu que la matière extérieure et sensible du sacrement fût déjà le signe de l'effet qu'il produit à l'intérieur, de la purification complète de 1 ame. Aussi, quand l'homme se prépare à la réception de ce sacrement, il doit reconnaître la faveur que Dieu lui fait en vue des mérites du Christ : là il adopte l'homme pour son enfant, il le fait héritier de son royaume, il lui donne avec la grâce le germe de toutes les vertus et tous les dons du Saint-Esprit ; c'est un temple vivant qu'il a bâti pour lui-même.
Le second sacrement est la Confirmation, dont l'effet est de fortifier l'àme, soit pour qu'elle confesse la foi lorsqu'il y a un danger à courir, soit pour qu'elle résiste aux attaques et aux tentations de l'ennemi. Comme un enfant, après qu'il est venu au monde, grandit et ne cesse d'acquérir des forces pour travailler plus tard, l'àtne après sa naissance spirituelle, après qu'elle est entrée dans la nouvelle vie par le baptême, grandit et se fortifie dans le même but, par une admirable disposition de la divine Providence, au moyen du second sacrement.
Le troisième est l'Eucharistie, le plus auguste et le plus divin de tous les sacrements ; il mérite ce titre parce qu'il renferme réellement et substantiellement Celui qui est la source même de la grâce, et qui la répand ainsi d'une manière plus abondante dans nos cœurs. Par la vertu des paroles de la consécration, la substance du pain est changée en celle du corps du Sauveur, et la substance du vin en celle de son sang précieux. Lui qui de rien a créé le monde, a bien pu, par le ministère du prêtre, changer une substance en une autre, comme il le fit aux noces de Cana, où il changea l'eau en vin. Joan. u. Voici comment s'en explique saint Ambroise : « Si l'efficacité de la parole du Christ est si grande qu'elle donne l'existence à des choses qui n'étaient pas, à plus forte