CHAPITRE PREMIER
Du premier article de notre foi qui est : Je crois en Dieu.
La première chose que la foi nous enseigne, c'est qu'il y a un Dieu, c'est-à-dire qu'il existe dans cet univers un Seigneur souverain, un premier moteur, une cause première, de laquelle découlent toutes les autres causes, une première vérité et une première bonté d'où procèdent toute vérité et toute bonté, un premier principe sans principes qui est lui-même le principe de toutes les choses créées; c'est le fondement de notre foi et le premier article de notre symbole ; c'est ce qui a fait dire à l'Apôtre «que celui qui veut s'approcher de Dieu, doit croire avant tout qu'en ce monde il y a un Dieu. » Hebr. xi, 6. Cette vérité est si manifeste par la seule lumière naturelle que la raison la découvre par une démonstration évidente ; c'est par la raison que plusieurs philosophes anciens et tous nos sages d'aujourd'hui sont parvenus à la connaître, car ils ne pouvaient s'empêcher de reconnaître, par
les eûets qu'ils voient dans le monde, la première cause d'où ils procèdent, c'est-à-dire Dieu. Voilà pourquoi saint Thomas dit que les sages ne mettent pas cette première vérité au nombre des articles qui sont purement de foi; elle s'impose avec une évidence incontestable que ne saurait admettre l'obscurité essentielle de la foi. Les ignorants, au contraire, qui sont incapables de pénétrer cette raison et qui ne croient cette vérité que parce qu'elle a été révélée par Dieu, en font un pur article de foi.
Mais il faut voir maintenant comment les philosophes se sont élevés à la connaissance de cette vérité ; nous n'en embrasserons qu'avec plus de joie les témoignages de notre foi. Quand la foi s'accorde avec la raison et la raison avec la foi, quand l'une et l'autre attestent et confirment une même chose, il se forme dans notre âme une douce et parfaite connaissance de ce que la foi nous enseigne.
Première preuve de l'existence de Dieu : Le mouvement des corps.
Le premier fondement sur lequel les philosophes font reposer la preuve de l'existence de Dieu, est la considération du mouvement des cieux. Pour comprendre ceci, il faut savoir que tous les corps qui se meuvent ont en eux-mêmes ou trouvent en dehors d'eux le principe de leur mouvement. Pour s'en convaincre, il sufflt de considérer l'homme et les autres animaux; c'est bien le corps qui est en mouvement, mais c'est l'àme qui le meut. Aussi que l'âme vienne à manquer, et le mouvement, dont elle était le principe, cesse et s'étemt aussitôt. Mais ne nous occupons pas des mouvements de la terre et élevons nos pensées jusqu'aux mouvements des cieux les plus élevés qui donnent l'impulsion aux cieux inférieurs , où brillent les étoiles, et causent encore tous les mouvements qui se produisent sur la terre. Telle est leur rapidité et leur vitesse qu'en un seul jour ils font une fois le tour du monde. Or ces cieux, d'après ce que nous venons de dire, doivent avoir un moteur qui les fasse mouvoir. Mais ce moteur, qu'est-il? Dépend -il d'un autre? Et cette puissance qu'il a de com-