‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 325 sur 383 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Du quatrième article du Symbole et des considérations qu'il suggère.

Le quatrième article du Credo nous enseigne que le Fils de Dieu fait homme « est bien véritablement mort pour nous, qu'il a été condamné dans le tribunal et sous la présidence de Ponce - Pilate, et qu'il a été ensuite aussi véritablement enseveli. » Nous reconnaissons en Jésus-Christ deux natures, une nature divine et une nature humaine; en tant que Jésus- Christ est Dieu nous le proclamons immortel, mais en tant qu'homme nous croyons qu'il a pu mourir, et, étant mort, qu'il a été enseveli tout comme les autres hommes ; et de même que chez les hommes, la mort

n'est autre chose que la séparation du corps et de l'àme, de même nous confessons que Jésus-Christ est mort par la séparation de son corps et de son àme sous le coup des tourments qu'il endurait à l'heure où il le voulut bien; il en fut de la mort comme de sa faim ; Jésus-Christ n'avait pas voulu ressentir ses atteintes pendant les quarantes jours qu'il jeûna au désert, et ce fut seulement après le long jeune, qu'il eut faim.

Quant à la cause de la mort du Sauveur et de cette séparation du corps et de l'àme qui mit fin à la plus précieuse des vies, on peut l'expliquer de beaucoup de manières. On peut dire d'abord que le Père éternel exigea pour les hommes une satisfaction qui apaisât entièrement sa justice ; il voulut que cette satisfaction lui fût offerte par un homme de la génération d'Adam, puisque le péché qu'elle expiait avait été commis par Adam le premier homme. L'offense étant infinie, comme la personne à qui elle était faite, une personne finie ne pouvait satisfaire pour elle; par conséquent aucune créature pure ne pouvait se charger de résoudre cette importante affaire. Il fallait un Dieu pour tout expier ; mais comme Dieu ne peut souffrir, pas plus qu'il ne peut pécher, la sagesse infinie conçut dans ses desseins la pensée d'un Rédempteur à la fois Dieu et homme, qui, comme Dieu, donnât une valeur infinie à sa satisfaction, et qui eût, comme homme, la puissance de souffrir afin d'expier la malice des péchés des hommes, qu'il s'était chargé d'effacer, en payant à la place des coupables une dette qu'il ne devait pas. Voilà pourquoi le Sauveur voulut mourir et donner sa vie pour les hommes ; son sang, il le répandait comme un sacrifice vivant et perpétuel, plein d'innocence et de sainteté, et étant aux yeux de son père d'une valeur infinie pour lui faire oublier les péchés des hommes. Telle est la première cause de la mort de Jésus-Christ ; elle est tout entière dans la considération des conseils divins.

Que si nous envisageons maintenant cette mort par rapport aux hommes, nous reconnaîtrons, qu'elle n'eut d'autre cause que leur malice. La bonté et la justice du Sauveur étaient pour eux chose insupportable ; ils condamnaient les Pharisiens et les prêtres du temps qui, sous le masque apparent de la sainteté et de la

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