‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 343 sur 383 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE XI. obi · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE XI. obi

l'attribuons particulièrement au Saint-Esprit, parce qu'on lui attribue la bonté et l'amour, et parce que de la bonté et de l'amour que Dieu a pour nous jaillit, comme de deux sources, la volonté du Seigneur de nous rendre bons et de nous donner sa gloire ; nous attribuons au Saint-Esprit, l'auteur de notre sanctification, tous les effets produits en nous par cet amour du Seigneur, à savoir toutes nos bonnes œuvres, nos paroles, nos désirs et tout ce qu'il y a de bon en nous.

En conséquence nous disons que notre rédemption est principalement l'œuvre de la sainte Trinité tout entière ; que pour des considérations particulières elle est attribuée au Fils de cette divine ordonnance ; et parce que la connaissance de ce mystère, sans laquelle nous n'en retirerions pas les précieux avantages, nous était indispensable ; que la force et la volonté de servir notre Seigneur et de reconnaître les bienfaits que nous en avons reçus naissent en nous comme un effet de la bonté de Dieu et de l'amour qu'il nous porte ; que cette bonté et cet amour, pour des raisons particulières, sont attribués au Saint-Esprit; à cause de cela nous disons que tout ce qu'il y a de bon en nous c'est au Saint-Esprit que nous en sommes redevables, et que de ses dons dépend notre vie spirituelle. C'est de lui que nous reconnaissons recevoir la grâce d'accueillir Jésus- Christ, d'accomplir ses commandements et d'embrasser ses conseils, parce que, quoique le Christ se donnât à nous, nous ne saurions le recevoir sans l'assistance attribuée au Saint-Esprit.

La confession de cet article consistera donc à croire fermement que des deux personnes du Père et du Fils procède une troisième personne vraiment Dieu comme le Père et le Fils, et ajouter : Je confesse que si ma justification est l'œuvre commune de la Trinité tout entière, elle est attribuée, pour des raisons particulières, à la troisième personne; et je reconnais que toutes nos forces, pour bien vivre et pour persévérer, nous viennent d'en haut par le Saint-Esprit, sans lequel nous ne posséderions aucun bien; encore que le Saint-Esprit ne daigne nous faire part de ces forces, de cette faveur et de cette gràGe que par égard pour les sueurs, les fatigues, les mérites et le sacrifice de Jésus-Christ.

De ceux qui agissent conformément à la foi et la confession de cet article, et de ceux qui pèchent contre ce même article.

On voit par là quels sont les fidèles dont les œuvres et la volonté confirment cette confession, et ceux qui la contredisent. Ceux-là mettent leur vie d'accord avec la foi et la confession de cet article qui, se défiant de leurs forces et de leurs œuvres, placent leur principal espoir dans la miséricorde divine et en implorent sans cesse le secours. Ceux-là, au contraire, agissent contre les obligations que leur imposent la foi et la confession de cet article avant de mettre la main à une bonne œuvre, sont déjà contents d'eux-mêmes et satisfaits de ce que, en pensée, ils ont dessein d'exécuter, comptant sur leurs propres diligences. Dans cette classe il faut ranger également ceux qui, après avoir fait quelque bien ou une ombre de bien, s'en récompensent euxmêmes et s'en remercient, disant en quelque sorte, grâces soient rendues à mes mains ; d'où il résulte que non-seulement ils en perdent tout le fruit, mais qu'ils offensent gravement le Seigneur à qui sont dues toutes grâces. Ils pèchent encore et agissent contre la foi et la confession de cet article ceux qui résistent à la voix de l'Esprit- Saint qui, par ses inspirations divines, les appelle vainement à la perfection de la vie chrétienne.

Des sept dons du Saint-Esprit.

Ayant déjà dit que le Saint-Esprit, au moyen de ses dons, nous fait vivre dans la justice, il sera convenable de dire le nombre et l'importance de ces dons. Le prophète Isaïe s'entretenant du Christ notre chef, et annonçant que sur lui et sur son corps mystique, à savoir sur l'Eglise, le Saint-Esprit se reposerait avec la plénitude de ses dons, les met au nombre de sept en ces termes : « Sur lui reposera l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de science et de piété ; et il sera rempli

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