‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 357 sur 383 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE XVI

bien employées pour une telle vie et pour de telles récompenses !

Du bonheur que procure l'étemelle durée de ces jouissances.

Examinons maintenant pour quel espace de temps cette gloire est accordée aux bienheureux. Cette seule'considération devrait suffire pour nous pénétrer du désir de braver toutes sortes de peines et de les rechercher, afin de plaire à un Maître dont les récompenses sont si admirables. En effet, ce bonheur durera autant de milliers d'années qu'il y a d'étoiles au ciel, et encore davantage. Il durera autant de centaines de milliers d'années qu'il est tombé de gouttes de pluie et qu'il en tombera sur la terre, et encore bien davantage. Il durera tant que Dieu durera, c'est-àdire dans les siècles des siècles ; car il est écrit : « Le Seigneur régnera à jamais, » Exod. xv, 48; et ailleurs : « Votre règne durera dans les siècles des siècles, et votre domination de génération en génération. » Ps. cxliv.

Et maintenant, ô Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, je vous en supplie au nom de votre cœur, que je ne sois pas privé de ce bonheur suprême. Seigneur, mon Dieu, vous qui avez daigné me créer à votre image et à votre ressemblance et me rendre capable de vous posséder, remplissez ce cœur que vous avez créé et que vous avez créé pour vous. Mon Dieu sera mon partage dans la terre des vivants. Ne m'accordez, Seigneur, en ce monde, ni repos, ni richesse; gardez-moi tout cela pour l'éternité. Je ne veux pas me fixer avec les enfants de Ruben, dans la terre de Galaad et perdre tout droit à la terre promise. J'ai demandé une seule chose au Seigneur, et je la réclamerai sans cesse, d'habiter dans sa maison tous les jours de ma vie.

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