‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 368 sur 383 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Du premier commandement de la loi de Dieu.

Voici comment ce premier commandement se formule : «Vous n'aurez pas des dieux étrangers devant moi. » Ce commandement, bien que négatif dans l'expression, puisqu'il prohibe le culte des idoles, renferme un commandement affirmatif, comme nous venons de le dire, qui nous ordonne de tenir le Seigneur, auteur de ces préceptes, pour le seul vrai Dieu, de le servir, de l'aimer et de l'honorer à ce titre.

Pour bien entendre ce commandement, il faut observer deux choses : d'abord, qu'il est le plus grand de tous, comme le Seigneur nous l'enseigne lui-môme dans saint Matthieu, par la réponse la plus formelle faite à un lettré qui lui demandait « quel était le plus grand des commandements de la loi. » Matth. xxu, 36. Il n'hésite pas à le placer au premier rang, et rien n'est plus explicite que sa parole ; il est également clair qu'il n'entend pas une simple priorité d'ordre ; qu'en l'appelant le plus grand, il ne veut pas dire le premier, mais qu'il lui donne la supériorité sous tous les rapports possibles, de dignité, de perfection, d'obligation, de valeur et de mérite. En effet, il y a dans le monde divers genres de personnes envers lesquelles nous avons des devoirs à remplir; différents sont nos devoirs envers les parents et nos devoirs envers les maîtres, envers les prélats ecclésiastiques et les chefs séculiers, envers les amis et les bienfaiteurs ; mais aucun

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