‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 47 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE., SECTION II, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE., SECTION II, CHAPITRE VII

spirituelle, regarde Dieu, cet esprit suprême, comme son centre, marche vers lui avec une douce facilité , et ne fait même plus qu'une chose avec lui. C'est ainsi que la religion chrétienne prouve et démontre sa propre excellence ; car si d'une part elle a des lois équitables, de l'autre les conseils qu'elle donne à ceux qui aspirent à la perfection sont élevés et saints.

La vie chrétienne offre donc un double aspect, selon qu'on se contente d'observer fidèlement les commandements ou qu'on s'efforce de suivre les conseils. Ces deux manières de vivre nous sont représentées par deux sortes de sacrifices usités dans la loi: dans l'un on offrait à Dieu et on brûlait devant lui la graisse et les membres des animaux ; dans l'autre, plus parfait, qui s'appelait l'holocauste, on consumait la victime tout entière. Les premiers sacrifices étaient l'image de ceux qui, accomplissant fidèlement la loi de la charité, offrent à Dieu, par amour, l'intérieur de leur cœur, mais qui consacrent à leurs besoins temporels le reste de leur temps et de leurs affections ; le second sacrifice, au contraire, peut s'entendre de ceux qui, renonçant à toute autre préoccupation, s'occupent uniquement de plaire à Dieu et de lui demeurer unis par un amour ardent et une bonne volonté continuelle. Telle fut la vie des saints ; emprisonnés dans les liens du corps pendant l'exil de cette vie, ils se regardaient comme étrangers sur la terre, et, par leurs pensées ou leurs désirs, ils habitaient toujours au ciel. Bienheureux sont ceux dont la vie est un sacrifice continuel devant Dieu, mais plus heureux ceux qui se consacrent à lui d'une manière si entière qu'on peut appeler leur existence un véritable holocauste.

Avant de terminer ce chapitre il est bon de remarquer que les conseils évangéliques, qui ne sont le plus souvent que des conseils, deviennent des préceptes dans certains cas ; par exemple, il nous est conseillé de faire l'aumône, mais dans le cas de nécessité nous y sommes tenus comme à un devoir strict ; il en est de même du jeûne et de la prière dans quelques circonstances déterminées.

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