CINQUIÈME PARTIE, SECTION II, CHAPITRE Xlll
aux petits. » Confes., lib. VII, c. xx-xxi. Cet éloge des saintes Ecritures, le grand Docteur l'appuie sur un miracle signalé, et au chapitre deuxième du livre suivant il raconte comment un rhéteur illustre, appelé Victorin, se convertit en les lisant, à la grande joie des chrétiens et à la confusion profonde des Gentils. Au reste, l'expérience de chaque jour confirme ces paroles : combien d'hommes, adonnés à la culture des sciences profanes, ont perdu une bonne partie de leur vie dans des études sans grandeur et sans profit ; mais quand ces mêmes hommes se sont mis à lire sérieusement nos saints Livres, ils y ont trouvé une telle suavité et une si grande douceur, une si vive lumière pour l'intelligence, un encouragement si ardent pour la volonté, de telles ressources, enfin, pour réformer leur vie et celle des autres, qu'ils ont abandonné toutes les autres études à cause de la joie qu'ils avaient eue à cueillir des fleurs si suaves dans ce magnifique jardin. Autant l'auteur des Ecritures divines est supérieur aux auteurs des lettres humaines, autant les premières l'emportent sur les secondes. Tous les jours d'ailleurs et sous nos yeux, l'expérience appuie et confirme ce que nous venons d'exposer.