CINQUIÈME PARTIE, SECTION II, CHAPITRE XVIII
daient pas comme indigne de cette souveraine majesté, mais qu'ils regardaient encore comme l'œuvre la plus glorieuse de sa bonté et de sa sagesse infinies, et la plus digne d'elles, celle qui suspendait et ravissait tous les esprits des anges et des hommes dans l'admiration et l'amour de cette même bonté, ainsi que saint Augustin le confesse lui-même. Conf., lib. L1X, c. vi. Or, si tant de docteurs, dont la vertu le dispute au génie, ont consacré leur vie entière à étudier, à discuter, à fixer et à défendre la vérité des mystères de notre foi, les hommes peuvent se résigner à suivre les traces de ces esprits éminents et de ces âmes saintes, sans discuter de nouveau des points de doctrine éclaircis par eux, avec tout le soin que méritaient des choses d'où leur salut dépendait.
Et cependant, quelle que soit l'autorité de 'ces témoignages, qu'est-elle auprès de l'autorité sacrée des conciles, où se rendait toujours la fleur du génie, de la sainteté et de la science du monde entier, pour y traiter avec un soin scrupuleux tous les articles et tous les mystères de notre foi, sous l'assistance et l'inspiration de l'Esprit- Saint? Quels témoignages magnifiques et quelle grande force les assises universelles de l'Eglise n'empruntent-elles pas à ce puissant concours ! Que nos entendements s'apaisent donc et qu'ils croient avec confiance des vérités qui leur sont enseignées par tant de saints docteurs, et surtout qui ont été étudiées et discutées par tant de conciles nombreux et saints! Tel est le premier témoignage de la vérité de notre foi.