CINQUIÈME PARTIE, PRFM1ÈRE SECTION, CHAPITRE II
encore qu'ils ne le voient pas et qu'il demeure toujours invisible aux yeux du corps. Il n'y a pas de nation dans le monde, pour si sauvage qu'on la suppose, qui n'ait quelques notions de Dieu et qui ne lui rende une sorte de culte; peut-être ignore-t-elle quel est le vrai Dieu et quelle est la meilleure manière de l'honorer, mais elle en reconnaît toujours un et le vénère d'une manière particulière! Que s'ensuit-il? Evidemment que ce même Dieu qui a imprimé dans les cœurs des hommes un respect et un amour naturels pour les auteurs de leurs jours, ponr les princes et les rois qui les gouvernent, y a aussi gravé son amour en même temps que cette grande loi du respect pour celui qui est le Père des pères, le Seigneur des seigneurs,l'auteur et l'économe de tous les biens. Cette propension naturelle explique comment toutes les nations, même les plus barbares, ont toujours eu une certaine connaissance de la divinité qui préside à ce monde et se sont montrées jalouses de lui rendre un culte et des honneurs particuliers.