‹ uvres complètes de Louis de Grenade (volume 5)Chapitre 100 sur 347 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De l'amplificatiou par les parties.

;'l,es saints prophètes amplifient par les parties la chute des États ; ils l'annoncent et la représentent, non par un discours simple, mais -par le dénomljrenient de tous les malheurs qui sont renfermés dans la ruinejet la désolatioride chacun. C'est ainsi que Jérémie amplifie la destruction de Jérusalem dans ses Lamentations^ et le renversement de Babylone dans les chapitres chiquante et cinquante-un de ses Prophéties. C'est ainsi qu'Ézéchiei décrit la ruine de

Tyr, de l'Egypte, des Assyriens, et qu'il fait un ample détail de tous les trésors et de toutes les richesses de ces royaumes qui devaient être abandonnés au pillage. Enlin, c'est ainsi que Joab représente à David (quoique avec insolence) que ses larmes pour la mort d'Absalon étaient à contre-temps, et qu'il devait plutôt témoigner à ses serviteurs, qui avaient exposé leur vie pour assurer la sienne contre ce fils rebelle, la satisfaction qu'il avait de leurs services. « Yous avez, lui dit-il, aujourd'hui couvert de confusion tous les serviteurs qui ont sauvé votre vie et la vie de vos fils, de vos filles, de vos femmes ', » etc.

Saint Grégoire de Nazianze^ qu'on nomme par excellence lethéolog 1671 ^diiis un discours sur le martyre des sept frères Machabées, relève et amplifie leur foi, la constance presque incroyable de leur généreuse mère, qui ne put être ébranlée par le spectacle affreux des tourments les plus épouvantables que la cruauté la plus ingénieuse ait jamais inventés. « Rien, dit ce Père, ne fut capable de fléchir, d'amollir ni d'ébranler tant soit peu le courage et la fermeté intrépide de cette mère de tant de martyrs. Ni les roues, ni les chevalets, ni les instruments préparés pour disloquer les membres et déboiter les os, ni tous les genres de torture les plus cruels, ni les ongles de fer, ni la fureur dévorante des bêtes, ni les couteaux, ni les épées tranchantes, ni les feux embrasés, ni les poêles, ni les chaudières brûlantes, ni les troupes d'archers qui excitaient la cruauté des bourreaux, ni la vue de ses chers enfants au milieu de tant d'effroyables supplices, ni le sanglant spectacle de leurs langues coupées, de la peau de leurs tètes arrachée avec les cheveux, de toutes les extrémités de leurs membres coupés, et de leurs corps tout mutilés et rôtis dans des poêles pendant qu'ils respiraient encore. » On voit dans cet exemple comment ce saint docteur amplifie par les parties, c'est-à-dire par l'énumération de tant de tourments si cruels, la merveilleuse constance de cette femme incomparable.

C'est de cette même manière que l'auteur du second Commentaire

1 Confudisti hodie vultus oinnium servorum tuorum, qui salvam fecerunt aoimam tuam, et animam fliiorum tuorum et filiarum tuarum, et animam uxoruui tuarum. II Reg., xix^ 5.

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