LIVRE m, CHAPITRE H
exemples,) par des comparaisons et par des témoignages de l'Écriture et des saints Pères. C'est ce que nous allons expliquer et faire entendre par des exemples.
Mais il est nécessaire de rappeler auparavant ce que nous avons déjà dit et expliqué touchant les propositions où l'éloquence s'exerce, soit pour les prouver, soit pour les amplifier, savoir : qu'il y en a de deux sortes, les thèses et les hypothèses, qu'on appelle autrement des questions, soit universelles, indéfinies, qui se proposent en général, comme si l'on voulait louer l'obéissance ou blâmer l'adultère ; soit définies et particulières, qui sont bornées par un fait, et qui descendent au détail des actions et des personnes, comme quand on se propose d'amplifier la prompte obéissance avec laquelle Abraham se prépare à immoler son fils à Dieu qui le lui commande, ou bien l'adultère commis par David avec Bethsabée, femme d'Urie, parce que l'une et l'autre ne regardent que ces personnes en particulier, au lieu que les thèses ou propositions universelles s'étendent à toute sorte de personnes.
Or les raisons et les moyens d'amplifier les thèses se tirent principalement des lieux] dont nous avons parlé ci-devant. Maisipour les propositions particulières et déterminées, on a recours, ;pour les amplifier, non-seulement aux mêmes lieux, mais à toutes les circonstances dont elles sont revêtues et accompagnées.