‹ uvres complètes de Louis de Grenade (volume 5)Chapitre 106 sur 347 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De l'araplification par les causes, par Ips effets et par les circonstances,

.' De l'nmplitication par les causes. '

( Saint Basile, dans un sermon sur les quarante martyrs de Cappadoce, amplifie la grandeur de leurs tourments en mettant comme sous les yeux de : es auditeurs les causes qui pouvaient en augmenter les douleurs.) « Le tyran voyant, dit-il, la généreuse résolution de ces bienheureux martyrs, et la liberté toute sainte avec laquelle ils lui parlaient, en fut étrangement irrité, et résolut de les faire moin^r dans les plus longues et les plus violentes douleurs qu'il pourrait inventer. Il imagina un supplice tout nouveau et d'une cruauté toute extraordinaire. (Comme le froid est extrême dans ce pays et qu'on était alors dans le fort de l'hiver, il observa une nuit que le froid était excessif,) et que le vent du nord soufflait avec la plus rude violence, et il commanda qu'on exposât ces saints martyrs tout nus sur un étang glacé qui était au miheu de la ville, et qu'on les y laissât toute la nuit, afin que le froid les fit périr. Ceux qui ont quelquefois éprouvé la rigueur d'un grand froid savent combien le tourment en est insupportable; mais nul ne peut comprendre, à moins que de l'avoir éprouvé, ce que ces bienheureux soldats de Jésus-Christ doivent avoir souffert alors. Une couleur livide qui couvre le corps à mesure que le sang se glace, un tremblement universel, un frémissement de dents, la contraction de tous les nerfs, sont autant de symptômes d'une douleur violente qui pénètre jusqu'à la moelle des os ; bientôt les extrémités des pieds et des mains deviennent comme brûlées par l'ardeur du froid. On peut juger par là de la rigueur de ces tortures que l'on compare avec raison à l'action d'une flamme aiguë et d'un feu pénétrant. Quelles furent donc les pensées de ces saints martyrs, lorsqu'ils se virent condamnés à être exposés tout nus sur cet étang si profondément glacé que les chevaux et les chariots y passaient, et à y demeurer toute une

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