LIVRE III, CHAPITRE V
cendres de sa mère. C'était sans doute un triste et lugubre spectacle, continue ce saint docteur, que de voir la tête et les cheveux blancs de ce vénérable vieillard couverts de cendre et de poussière, ses vêtements déchirés et lui-même tout en larmes, poussant des cris de douleur et des gémissements sans vouloir être consolé ; car, « ayant déchiré ses vêtements, dit FÉcriture, il se couvrit les reins d'un cilice, et pleura son fils fort longtemps ' . »
Saint Chrysostome excelle dans cette manière de relever et d'étendre les choses par toutes les circonstances. Ceux donc qui voudront en voir des exemples très-justes et très-élégants, peuvent lire utilement le second et le troisième de ses livres de la Providence. Consolant le solitaire Stagire qui était tourmenté par le démon, il relève avec une fécondité et une éloquence toute divine les travaux, les souffrances et les persécutions des saints patriarches Noé, Abraham, Jacob, Moïse et David, par toutes les circonstances des personnes et des choses soigneusement rapportées, mises dans la plus vive lumière et expliquées dans toute leur étendue. Ces exemples seront sans comparaison plus utiles au prédicateur que toutes les règles de l'amphfication, qui est la partie de l'éloquence la plus utile à l'orateur chrétien pour toutes sortes de sujets.
Au reste, tout ce que nous avons dit jusqu'ici regarde l'usage des lieux d'où se tirent les arguments et la matière nécessaire pour amplifier le sujet. 11 y a encore d'autres sortes d'amplifications rapportées par Quintilien, nous allons en parler tout de suite, parce qu'elles nous ont paru très-utiles.