LIVRE IV, CHAPITRE IV
La raison de cette règle est que^ltout ce qui approche du dialogue dans un discours, ne sert pas seulement à exciter l'attention i par le doute même de ce qu'on met en question, (mais bien plus encore à diversifier agréablement les paroles et les expressions^ ^e là vient que saint Chrysostome, qui savait admirablement l'art de remuer et de manier les esprits et les cœurs , réveille si souvent ] dans ses ^owîe/î^sl'attentioi^de ceux à qui il parle,:par des demandes\ et des questions fréquentes.
Enfin, lorsqu'on produit quelque témoignage de l'Ecriture) on ne doit pas se contenter de l'expliquer simplement en langue vulgaire, comme le font plusieurs qui traduisent le latin mot à mot en leur langue, mais le principal est de/peser etk/^ppuyer toujours sur quelque chose digne d'être observé dans le passage; qui est rapporté : ce qui se fait ien expliquant quelque sens profond caché sous un mot, ou en développant quelque métaphore; car toute métaphore renferme une comparaison courte et abrégée jqui doit par conséquent servir à l'expliquer. Quelquefois aussi, lorsqu'une sentence est courte, nous retendons et l'amplifions s pour faire mieux connaître toute la force et le sens qui y sont renfermés; et c'est à quoi peuvent beaucoup servir les diflérentes manières d'amplifier que nous avons ci-devant expliquées.
Nous nous contentons de ce que nous avons marqué jusqu'ici sur cette matière, dont la pleine et entière connaissance ne peut s'acquérir que par une étude de toute la vie , et c'est aussi ce que nous cherchons principalement par notre apphcation à lire et à entendre les saintes Ecritures ; car ce n'est pas assez pour nous d'en avoir l'intelligence, il faut peser encore et examiner s'il n'y a point sous l'écorce de la lettre quelque chose qui mérite d'être remarqué. Mais ceci n'a point lieu dans les témoignages de l'Ecriture qui regardent l'interprétation mystique des mots, comme quand nous disons que le mot eou signifie la grâce et la sagesse divine, ou qu'on doit entendre par le mot coupe [calix] le sort ou le partage qui arrive à chacun , et par celui d'huile la miséricorde ; car il suffit à cet égard de montrer en peu de paroles cette signification du mot autorisée par quelqu'autre passage.
286 RHÉTORIQUE ECCLÉSIASTIQLE.