CHAPITRE VI
Des figures appelées iropes.
Puisque la clarté du discours dépend, comme il vient d'être dit, d'un heureux choix de mots propres, et l'ornement des termes métaphoriques ou figurés, il est à propos de traiter maintenant de ces changements de signilication par lesquels on fait passer les mots du sens qui leur est propre dans un sens figuré : c'est ce que nous faisons aussi d'autant plus volontiers, que l'usage en est plus fréquent dans les livres des prophètes; car, comme ils ne traitent que de choses très-grandes et très-importantes, soit qu'ils reprennent les vices et les dérèglements des hommes, ou qu'ils menacent les méchants des peines épouvantables dont Dieu doit venger leurs crimes, soit qu'ils promettent aux vrais serviteurs de Dieu les dons et les bienfaits inestimables de sa grâce, tous leurs écrits sont remplis de métaphores et d'allégories, qui offrent autant d'excellentes images et d'admirables comparaisons.
C'est ce qu'il est aisé de montrer par une infinité de passages. Tel est celui d'Isaïe : « Il sortira un rejeton de la tige de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine '... ; » car ce rejeton exprimé par le
' Egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus asceudet... Habitabit lujiiiB cum agno. et pardus cum ha-do accubabit. Is., xi, 1 et 6.