‹ uvres complètes de Louis de Grenade (volume 5)Chapitre 266 sur 347 · LIVRE V, CHAPITRE XVIIT · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XVIIT

fils le couvrirent.... Il est inutile de poursuivre, puisqu'il suffit de rapporter seulement ce qui sert à prouver que Noé, montrant en personne une figure de la vérité, ne but pas de l'eau mais du vin, et qu'il fût dans cette action une figure de la passion du Sauveur. Nous voyons encore dans le prêtre Melchisédech une prédication mystérieuse du sacrifice de Notre-Seigneur, selon ce que témoigne l'Écriture qui dit : « Melchisédech, roi de Salem, offrit du pain et du vin. Or il était le prêtre du grand Dieu, et il bénit Abraham. » Que Melchisédech ait été la figure de Jésus-Christ, le Saint-Esprit le déclare dans les Psaumes quand le Père éternel dit à son Fils : « Yous êtes le prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech ^ » Cet endroit, aussi bien que la suite de cette Bf/dre, est écrit d'un style commun, comme il est facile aux lecteurs de s'en apercevoir.

« Saint Ambroise ayant aussi à traiter un grand sujet, puisqu'il s'agissait de prouver l'égalité du Saint-Esprit avec le Père et le Fils, emploie néanmoins le style simple, parce que la question ne demandait ni ornements de paroles, ni mouvements extraordinaires pour toucher les cœurs, mais des enseignements simples et clairs. Entre autres choses, il dit dans le commencement de cet

1 Admonilos aulem nos scias, ut in calice offerendo domiuica traditio servetur, ueque aliud flat à uobis, quàm quod pro nobis Domiuus prior fecerit, ut calix qui in commcmoralionem ejas ofierlnr, vino mixlus offeralur. Nam cùm dicat Christus : « Ego sum vilis {Joan., xv, 1); » sauguis Cbrisli, non aqu a est utiqiip, sed vinum; nec potest videri sanguis ejus, quo redempti et vivificati sumus, esse in calice, quandô Tinum desit calici, quo Chrisli sanguis ostendilnr; qui Scripturarum omnium sacramento ac lestimonio prœdicalur. Invenimus enim et in Gencsi circa sacrameutum Noë hoc idem praecucurlsse, ut figuram dominicae passionis illic exlitisse, quôd vinura bibit, quôd iuebriatus est, quôd in domo sua nudatus est, quôd fuit recubans nudis et patentibus femoribus ; quôd nuditas illa patris à medio fîlio denotata est et foras nuntiata : à duobus verô majore et minore conlecta, et caetera quae necesse non est exsequi, cùm satis sit hoc solum complectij quod Noë typum futuree veritatis ostendens, non aquam sed vinum biberit; et sic imaginera dominicce passiouis expresserit. Item in sacerdote Melchisédech sacrificii Domini sacrameutum prBeBguratum videmus, secundùœ quod Scriptura divina testalur et dicit : « Et Melchisédech rex Salem protulit panem et -vinum. Fuit autem sacerdos Dei summi, et benedixit Abraham {Gen., XIV, 18). » Quôd autem Melchisédech typura Christi portarct, déclarât in Psalmis Spiritus sanctus, ex persona Patris ad FiUum dicens : « Ante Luciferum genui te, tu es sacerdos in seternum secundùm ordinem Melchisédech. Ps. cis, 4. » Epist. Lxm, ad Cœcil.

oiivTage : « (iédéon , frappé d'étonnement par les paroles de l'oracle qui lui apprenaient que quand plusieurs milliers d'hommes périraient, Dieu était assez puissant pour délivrer son peuple avec un seul homme, lui offrit en sacrifice un chevreau, dont, suivant le commandement de l'ange, il mit la chair sur une pierre avec des pains sans levain, qu'il arrosa du jus de cette viande. x\ussitôt que l'ange l'eut touché de l'extrémité de la baguette quïl tenait, il sortit avec impétuosité du feu de la pierre, qui consuma le sacrifice. Et par ce signe, il semble qu'il fut déclaré que cette pierre était la figure du corps de Jésus-Christ ; car il est écrit : « Ils buvaient de l'eau de la pierre qui les suivait. Or cette pierre était la figure de Jésus-Christ. » Ce qui certainement n'a pu être rapporté à sa divinité, mais à sa chair qui, par de continuels ruisseaux de sang, a inondé les cœurs altérés de tous les peuples. Alors donc il a été déclaré par ce mystère que le Seigneur Jésus effacerait dans sa chair les péchés du monde, lorsqu'il serait mis en croix, et nonseulement les péchés qu'ils auraient commis, mais aussi les mauvais désirs de leurs cœurs; car la chair du chevreau représente les péchés d'action, et le jus qui en sortit représente les désirs de la cupidité. Aussi il est écrit : « Mon peuple a conçu de très-mauvais désirs, en disant : Qui nous donnera de la chair pour nous nourrir? » De sorte que quand l'ange étendit sa baguette et toucha la pierre d'où le feu sortit, il fit voir que la chair du Seigneur, remphe de l'esprit divin, devait brûler et consumer tous les péchés inséparables de notre état en cette vie. C'est pourquoi le Seigneur a dit : « Je suis venu allumer le feu sur la terre, » et le reste où ce Père s'attache particulièrement à l'instruction et à la preuve de son sujet '.

* Coinmotus oraculo Gedeon, cùm audisset quôd deficienlibus licet populorum uiillibus, in uno viro Dominuâ plebem suam ab hostibiis liberaret, obtulit hœdiim caprariim, ciijus carnem, secundimi praeceptuin angeli, et azyma supra potram posuit, et ea jure perfndit : qiiae simul ut virg;e cacumine , quam j,'erebatj angélus Dei coLtigit, de petrà ignis erupit, alque ità sacrificium quod ofterebalur absumplum est. Quo indicio declaratum vidctur quôd petra illa typura habuerit corporis Cliristi, quia scriptum est : « Bibebant de spiritali conséquente eos petrd. Petr?, autom erat Gliristus. (I Cor., x, 4.) » Quod u tique non ad divinitatom ejus, sed ad carnem relatum est, quse siLientium corda populorum percnui rivo sui sanguinis inundavit. Jàm tune igitur in mysterio

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