CHAPITRE IV
Quellft sorte de pronoucialion demande chatune des trois principales parties du diïcoursj savoir : l'exposition, la preuve et l'amplification.
Pour bien comprendre les règles que nous allons donner tout à l'heure, il faut se rappeler ce que nous avons dit au commencement de cet ouvrage, que tout discours renferme l'exposition, la preuve et l'amplification. Les moins habiles comprennent que l'exposition demande une prononciation particulière, la preuve une autre, Tamplification une autre. Mais chacune de ces trois parties en contient d'autres moins importantes;) car l'exorde, la narration, la proposition et la division sont comme des espèces d'expositioni La preuve s'étend à confirmer nos raisons et à réfuter celles qui nous sont contraires ; ce qui se fait quelquefois d'ime manière, tranquille et sans mouvement, et quelquefois avec beaucoup de véhémence et de vivacité. Mais l'amplification demande encore plus de variété dans la prononciation : car c'est par elle que nous relevons la grandeur et le mérite des choses, et que nous tâchons d'émouvoir et d'exciter des sentiments! d'amour, de haine, de joie, de tristesse, d'admiration, ou d'autre^ mouvements qui se rapportent aux passions parmi lesquelles les rhéteurs