‹ uvres complètes de Louis de Grenade (volume 5)Chapitre 39 sur 347 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Que tout discours se réduit à trois choses : l'exposilion, l'argumentalion et l'amplificatioii.

Quiconque examinera de près la nature et \\es parties du dis- / cours ,| verra qu'il se réduit à trois choses : à exposer le sujet, 1 à raisonner pour l'approuver ou le désapprouver, et à l'am- \ plifler pour émouvoir les passions. Or nous exposons quand , par un discours simple ou par un récit historique, nous expliquons et faisons entendre notre pensée, ou ce qui s'est fait ou ce qui peut se faire ;- nous raisonnons quand nous usons de preuves et de démonstrations pour rendre certain quelque chose dont on doute ; et nous amplifions, lorsqu'étendant et diversifiant notre discours en toutes les manières dont on peut montrer que la chose est très-grande dans son genre, nous( tâchons d'exciter dans les cœurs des auditeurs des mouvements de colère ou de compassion,' de joie ou de tristesse, d'amour ou de haine, et (de les porter à l'espérance, à la crainte,^ à l'admiration et à tout autre sentiment.

On sait assez qu'il y a des lieux communs et des preuves propres à établir les choses par raisonnement et à les amplifier, comme nous l'expliquerons plus bas. Mais parce que la manière de traiter ces deux derniers genres est différente, nous les avons séparés pour plus de clarté. Et comme il n'y a point de discours, ni de manière de parler , qui ne se trouve dans l'un de ces trois genres, il faut que nous exposions les règles de chacun d'eux de manière qu'il soit toujours facile au prédicateur, lorsqu'il s'en présentera quelqu'un à traiter dans un sermon, de savoir exactement comment il pourra y réussir avec plus d'avantage.

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