‹ uvres complètes de Louis de Grenade (volume 5)Chapitre 42 sur 347 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

thèse ou la question indéfinie, il faut um: source d'invention tout autre que pour l'hypothèse, ou la question définie ; car pour traiter une question indéterminée, les preuves et les démonstrations se tirent principalement des lieux appelés en grec Topiques; et pour l'hypothèse, elles se prennent des circonstances, parce que cette sorte de question, comme il a déjà été dit, est toujours revêtue des circonstances qui conviennent aux choses et aux personnes. Il est vrai que les preuves et les démonstrations que l'on tire des circonstances se rapportent aussi aux lieux dits Topiques, en ce qu'ils en comprennent de toutes sortes dans leur étendue; mais parce que la multiplicité et la variété des circonstances est toujours grande, et qu'elles fournissent beaucoup de preuves et d'arguments, on a dû en faire un traité séparé des topiques, pour expliquer plus à fond et plus amplement les choses qui n'y sont touchées que succinctement dans le lieu des attributs et des causes.

La seconde est que( cette même division des questions nous fait entendre ce que Cicéron et les autres qui ont écrit sur la rhétorique, nous enseignent par cette règle, que l'orateur doit rapporter l'hypothèse à la thèse, c'est-à-dire la question définie à l'indéfinie. Par exemple, c'est une question définie quand on demande si l'on doit apprendre la philosophie d'Aristote; mais celle-ci qui en est comme une partie : Faut-il apprendre la philosophie? est une question indéterminée ou indéfinie , à laquelle l'orateur doit rapporter la question définie. )

La troisième est que cette division sert encore à nous montrer que les questions qui ont pour fin la science et celles qu'on appelle d'action ou de pratique, doivent se traiter, celles-là d'une manière, celles-ci d'une autre; caralans les questions de science, c'est assez d'expliquer seulement la nature de la chose , ou de la rendre certaine si l'on en doute. Mais dans les autres, il faut) non-seulement faire entendre et rendre certaines à l'auditeur les vérités qu'on lui propose, mais encore r(exciter et le pousser à les pratiquer, et pour cela exciter dans son esprit et dans son cœur des mouvements et des passions qui l'y portent ;\e qui demande une force et une véhémence de discours beaucoup plus grande , comme nous l'avons montré en expliquant la différence de la rhétorique et de la dia-

lectique. Cela dit, parlons des arguments qui prouvent les thèses r^ou les questions indéfinies.

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