‹ uvres complètes de Louis de Grenade (volume 5)Chapitre 74 sur 347 · LIVRE 11, CHAPITRE X, § II. llo · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE X, § II. llo

; Le même évêque relève et orne encore cette divine sentence d'Isaïe : « Un petit enfant nous est né, et un tils nous a été donné, n nous a donc été donné de Dieu, et il nous est né d'une Vierge. Né plus jeune que sa Mère, donné aussi ancien que son Père; né pour souffrir la mort, donné pour être la source de la vie. Celui qui était avant tous les temps nous a ainsi été donné; celui qui n'était pas, nous est né; il domine souverainement dans le ciel, et il est ici-bas dans les souffrances et les humiliations;. là il règne pour lui-même, et ici il combat pour nous • , » etc. \

[ Saint Grégoire le Grand, voulant mettre dans son jour la parabole du marchand qui cherche de belles perles [Mattli.^ xm, 45), la propose et l'embellit ainsi : « Il est écrit, dit-il^ que le royaume du ciel est semblable à un marchand qui cherche de belles perles , et qui, en ayant trouvé une de grand prix, va vendre tout ce qu'il avait, et l'achète. » C'est la proposition ; voici l'ornement qu'il y joint ensuite : « Quiconque a une fois goûté et bien compris, autant qu'il est possible en cette vie, la douceur de la vie céleste, renonce très-volontiers à tout ce qu'il aimait auparavant sur la terre. Tout ce qu'il y a de plus riche et de plus éclatant lui paraît bas et méprisable en comparaison de cette bienheureuse vie. Il quitte pour elle tout ce qu'il a de biens, et répand avec joie sur les pauvres tout ce qu'il en avait amassé. i Son cœur ne s'enflamme plus que de l'amour des biens du ciel ; il n'y a plus rien qui lui plaise dans ceux de la terre : toute leur beauté, dont il était charmé, n'est plus à ses yeux qu'une horrible difformité , parce qu'il n'y a

nondùtn opportuna vulneri, et jàm idonea pasàoni! Quàm féliciter nali,quibu3 in primo nascecdi liruine aeterna vita obviam Tenit! Incurrunt quidem inter ipsa priucipia acceptas lacis periculum, et finem salutis; sed de ipso proliuùs fine capiunt principia a;ternitatis. Iminaturi quidem videntur ad mortem , sed féliciter moriuntur ad vitam ; vixdùm degustaverant prœseutem , statim transeunt ad futuram ; uoudùm ingressi infantiœ cuuas. jàm perveniunt ad coronas; rapiuntur quidem à complexibus matrum, sed redduutur gremiis angelorura. Bihlioth. maxima Patrum, tom. VI, p. 622. F.

^ Parvulus natus est nobis, et filius datus est nobis. Datus est ergô ex divinitate, Datus ex Tirgine ; natus, qui et matre esset junior : datus, quo nec pâtre esset antiquior. Natus qui moreretur, datus ex quo vita nasceretur. .\c sic qui erat, datus est; qui uou erat, ualus est. lilic dominatur; hic humiliatur. Sibi reguat, et mihi militât. Biblioth. max. Patrum, tom. VI, p. 619. D.

plus que l'éclat de cette précieuse perle qui brille dans son cœui' ' . » | Tous les ouvrages de ce grand saint sont pleins de ces sortes d'ornements; car il explique toujours admirablement les choses qu'il a une l'ois proposées; en sorte qu'il développe et met au jour tout ce qu'il y a de force cachée dans le sens de chaque proposition qu'il traite, par des tours fins et délicats de pensées et d'expressions.

Saint Bernard en use de même dans un de ses sermons sur saint Victor : « Réjouissez-vous, dit-il, mes très-chers frères, réjouissezvous dans le Seigneur, qui a daigné multiplier si favorablement les continuels bienfaits de sa bonté, en donnant au monde le bienheureux Victor, afin de sauver plusieurs personnes par son exemple. Je vous le dis encore, réjouissez-vous de ce que nous ayant été enlevé, il s'est approché de Dieu, pour en sauver encore beaucoup plus par son intercession. » Cette proposition, qui a deux parties, marque le double avantage que nous avons dans les maints, savoir : leur exemple et leur protection. U y joint ensuite l'ornement, qui l'exphque et l'amplifie par ces paroles : « Il a paru sur la terre pour y servir d'exemple aux hommes, et il est maintenant élevé dans le ciel pour les favoriser de sa protection. Ici il leur a servi de modèle pour former saintement leur vie, et là il les invite à la gloire. Ici il les a excités et encouragés à se rendre dignes du royaume de Dieu par des œuvres saintes , et là il se rend leur médiateur pour les y faire entrer -. »

1 Cœleste regnum homini uegoliatori simile dicitur, qui boaas margaritas quaerit, sed unam pretiosam invenit, quam videlicet inventam omnia veiidens émit; quia qui cœlestis vitae dulcediuem , in quantum possibililas admittit, perfectè cognoverit, ea quœ in terris amaverat libenler cuncta derelinquit; in comparatioue ejus vilescunt omnia, deserit habita, cougregala dispergit, inardescil in cœlestibus animus, nil in terreuis iibet, déforme conspicilur quidquid de terrenœ rei placebat specie, quia sola pretiosœ margaritœ claritas fulget in mente. Uomil. xi, n. 9.

'-* Gaudete in Domino, dilectissimi, qui inler continua suae pietatis beneflcia induisit hominem mundo , cujus muiti saivareniur exemple, Iterùm dico, gaudete, quùd raptus de medio appropiavit Deo, ut muUô plurey ejus intercessioue salventur... lu terris vi^us est, ut esset exemple; in cœ'.um levatus est, ut sit palrocinio. Hic informat ad vitam, illic invitât ad gloriara. Factus est mediator ad regnum, qui fuit incitator ad o^ns. Innat. Vict. confess., serrn. ii, u. 1.

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