‹ uvres complètes de Louis de Grenade (volume 5)Chapitre 93 sur 347 · LIVRE II, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XV

converser familièrement, ni même de s'asseoir à table et de manger avec les pécheurs, pour les attirer a lui par sa bonté, ni de s'exposer en cela aux orgueilleux reproches que lui en faisaient les pharisiens, etàtoutes leurs injures. Il n'y a point de doute que toutes ces considérations ne soient autant d'épiphonèmes qui se tirent de cette histoire particulière de l'Évangile.

Ce genre d'ornement est sans doute très-important et donne beaucoup de force et de grâce au discours; mais on n'y excelle pas sans beaucoup de vivacité et de pénétration d'esprit. Plus on comprend parfaitement la nature d'une chose, plus on peut tirer de pensées et de réflexions différentes, et de la chose même, et de ce qu'on en a dit. Le simple récit, ou l'exposition des choses, ne demande pas un talent extraordinaire ; mais il faut un esprit ingénieux et cultivé pour savoir remarquer vivement, et proposer d'une manière courte et ingénieuse, tout ce qui peut se conclure des choses dites ou prouvées, d'une manière qui ait la force des sentences, ou qui porte à l'admiration, ou qui relève et amplifie le discours; ce qui est l'effet propre de l'épiphonème. Au reste, le principal usage de cet ornement du discours est dans les conclusions, d'où vient qu'il est appelé communément une acclamation sommaire. Enfm tout ce qui frappe agréablement et avec esprit dans les conclusions, est appelé épiphonème. Ceux qui voudront en voir des exemples, en trouveront d'admirables et en grand nombre dans saint Ambroise, qui a merveilleusement excellé dans ce genre, principalement dans les éloges qu'il a faits de sainte Agnès ; on en trouvera aussi de fort remarquables dans le panégyrique que saint Augustin nous a laissé du bienheureux martyr Vincent, archidiacre de Saragosse.

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