AUTRE SERMON
Si les hommes avaient le bonheur de comprendre quels périls court leur salut , et quels ennemis le menacent, tous nos avertis-
sements seraient superflus; la contemplation du danger suffirait, danger si grand, qu'il est au-dessus de toute expression, au-dessus de la portée de notre intelligence. Mais plus il est caché aux yeux des hommes endormis, plus il est éminent, et plus le mal est irrémédiable. Il est donc de notre devoir de découvrir à ceux qui l'ignorent la grandeur de ce péril , et d'exposer le remède qui nous est apporté par l'enseignement de l'Esprit-Saint. La grandeur de ce péril est montrée en peu de mots par l'Apôtre , lorsqu'il nous parle de la puissance de nos adversaires : « Nous avons à combattre , non contre des hommes de chair et de sang, mais contre les principautés et les puissances, contre les princes de ce monde, c'est-à-dire , de ce siècle ténébreux , contre les esprits de malice répandus dans l'air. » Ephes. vi, 42. On voit là quatre choses par lesquelles nos ennemis nous sont supérieurs : 1° leur force naturelle , car n'ayant ni chair ni sang , et étant des créatures spirituelles , ce sont de puissants et redoutables adversaires pour nous, qui sommes déprimés sous une chair fragile et impuissante; 2° leur pouvoir sur tous les méchants, ce qui les fait appeler princes du monde; 3° leur astuce et leur fourberie, armes multiples qu'ils emploient pour nous séduire et nous enlacer, et auxquelles l'Apôtre fait allusion, en les qualifiant d'esprits de malice; A0 le lieu d'où ils nous combattent ; car ils combattent d'en haut, d'où ils peuvent facilement nous blesser, sans que nous puissions facilement les y atteindre ; c'est ce qu'expriment ces mots, répandus dans l'air. Ils nous sont donc supérieurs en tout, et tout leur facilite la victoire : leur force naturelle, parce qu'ils sont anges; leur pouvoir, parce qu'ils sont princes et puissances ; leur astuce naturelle, parce qu'ils sont esprits, et rompus à ces combats dès l'origine du monde; enfin le lieu, d'où ils nous décochent des traits mortels, à notre grand dommage, et sans danger pour eux.
Contre de tels ennemis qui pourrait combattre à armes égales, et se prémunir contre leur puissance et leurs artifices? Que fera une chair rampante contre des esprits de malice répandus dans l'air ? Car, dit saint Chrysostome (6 de Sacerd.), a ici, il n'y a ni airain , ni fer, ni chevaux, ni chars, ni roues, ni feu, ni javelots
Ier DIMAxNCHE DE CARÊME, SERMON II. 101
comme ceux que nous voyons ; ce sont d'autres engins bien plus terribles. A ces adversaires il n'est pas besoin de cuirasse , de bouclier, d'épées, de lances. L'aspect seul de cette exécrable milice suffit pour arracher l'àme humaine à son corps, à moins que ce ne soit une àme vaillante, et qui, avant de chercher sa force en elle-même , a senti en elle l'empreinte de la providence , de la clémence divine. Si, dépouillés de ce corps, ou même avec ce corps, il nous était donné de voir de nos yeux, clairement et sans trembler, cette armée effroyable , cette guerre entreprise contre nous, nous verrions, non des torrents de sang, ni des cadavres , mais des chutes d'àmes en si grand nombre , des blessures si déplorables , que le tableau de la guerre matérielle semblerait un jeu d'enfants; tant sont nombreux ceux qui sont frappés chaque jour. Leurs blessures n'amènent pas la mort corporelle; mais, entre cette mort et la leur, il y a autant de différence qu'entre le corps et 1 ame. Toutes les fois qu'une àme est frappée et qu'elle tombe, elle reste ici gisante et se consumant dans les remords ; mais quand , séparée du corps , elle a quitté ce séjour, elle est livrée aux tortures d'un supplice éternel. »
Or , pour que nous puissions reconnaître la grandeur de ce péril, les diverses machinations et les occupations de nos ennemis, remarquons qu'il y a en ce monde inférieur une triple société , la société civile, la société ecclésiastique, la société diabolique, laquelle toutefois doit être plutôt appelée conciliabule de pervers, bande impie de conjurés. Dans la société civile sont les magistrats, les préteurs , les princes , le Sénat et tous les officiers qui veillent à ce que régnent la paix et la tranquillité. Dans la société ecclésiastique sont les conciles, les synodes , les évêques , les prédicateurs et les autres ministres du culte , dont le devoir est de faire en sorte que vivant dans la piété et dans la justice , nous obtenions le bonheur éternel. Dans la société diabolique est Satan , prince de ce monde , et ses satellites et complices. Car il y a l'esprit d'orgueil , de haine , de fornication , d'envie. Il y a aussi leurs conciliabules où , pour nous perdre , ils se distribuent les rôles , et ourdissent leurs complots. Toi , disent-ils , tu tendras tes pièges aux prêtres; toi, aux évêques; toi, aux plé-
béiens; toi, aux marchands ; toi, aux hommes; toi, aux femmes. Tu exciteras les femmes à la colère , à l'envie , à la fureur de la jalousie , à toutes sortes de superstitions, à l'amour désordonné de la parure , et surtout aux excès de la langue , c'est-à-dire , à médire, et à souhaiter du mal sans trêve ni relâche. Toi, tu provoqueras les nobles au luxe, à l'arrogance, au faste, à la mollesse, à l'orgueil , au mépris des autres. Les marchands , à la fraude , à l'avarice , au mensonge , au parjure. Les autres hommes , à des haines mutuelles, aux dissensions, à la dissolution des regards, à tous les débordements.
Voilà comme le prince de ce monde, dans ce conciliabule satanique, distribue à ses satellites leurs rôles , afin qu'ils nous assaillent par toutes sortes de détours et d'artifices. Car, dit saint Chrysostome , le combat ne se présente pas sous une seule forme ; c'est une guerre variée et multiple, une guerre de tous les instants contre des ennemis divers et nombreux, qui n'ont pas tous les mêmes armes, ni la même manière de combattre ; et celui qui aura à lutter avec tous , doit connaître leurs artifices à tous. Dans les combats ordinaires, il suffit à chacun de défendre le poste qui lui est confié, et d'en repousser les ennemis. Ici, il en est tout autrement; à moins que celui qui doit remporter la victoire ne connaisse, à fond et jusqu'à la dernière, toutes les ruses, le diable trouve un moyen de faire entrer ses suppôts par quelque côté , par un seul côté qui serait négligé.
Entre les diverses astuces de ce serpent, la plus fréquente, c'est qu'il couvre de l'apparence du bien, ou du voile de la raison et de la prudence, le crime qu'il machine. Notre volonté se portant naturellement au bien , ne tendant à rien qui ne lui semble bon , et les premiers biens étant la vertu et l'honnêteté, il revêt ses amorces de l'image même de cette honnêteté , afin de prendre les imprudents et les imprévoyants. Mais, de toutes ses ruses, la plus subtile, c'est que parfois il laisse faire aux hommes des œuvres louables, afin qu'ils aient plus de confiance en eux , et qu'étourdis par tant de vertu , ils dédaignent et méprisent les autres. Ainsi il laissait le pharisien jeûner deux fois la semaine , acquitter fidèlement la iîuie, s'abstenir des crimes ordinaires aux hommes perdus , Luc.
Ie' DIMANCHE DE CAREME, SERMON II. 103
xvin, 12; il voulait entretenir et nourrir par cette amorce son orgueil et son arrogance, afin que, plein de confiance en lui-même, il prit en dédain le reste des hommes : ce qu'indiquent assez ses paroles. De même que Pharaon, ennemi du peuple Israélite, lui permettait de sacrifier à Dieu, à condition toutefois qu'il ne s'éloignerait pas trop, et qu'il n'emmènerait pas ses troupeaux et ses nouveau-nés, afin que l'amour paternel les rappelât bientôt en Egypte, Exod. vin, 25; de même, le démon permet à ceux qu'il tient enchaînés par quelque méfait, de faire quelques bonnes actions, afin qu'ils soient moins mécontents d'eux-mêmes, et qu'ils dorment dans le crime avec plus de sécurité. Ainsi nous voyons les enfants attacher uneloDgue ficelle aux pattes des oiseaux qu'ils ont pris; ils la tiennent fortement, laissant envoler les oiseaux jusqu'à un certain point ; mais ils la tirent à eux, si les oiseaux veulent aller trop loin.
Que dirai-je des occasions, du temps de combattre? Dans les guerres extérieures, qui se font de peuple à peuple, par suite, ou de la fureur des hommes, ou d'une déplorable nécessité, le soldat a parfois du repos, parfois il dépose les armes, et peut dormir sans courir de danger. Mais, dans les guerres spirituelles, point de repos, point de trêve, point de relâche. En tout lieu, en tout temps, en toute circonstance , il faut veiller en dehors de la place , faire bonne garde jour et nuit, combattre contre un ennemi importun et infatigable. Que vous veilliez, que vous dormiez, que vous fassiez quelque chose, que vous ne fassiez rien, dans toute position, dans toute affaire, toujours il faut craindre leurs filets, toujours leurs pièges. Ils ne connaissent pas le sommeil, ne manquent aucune occasion de tenter, ne font aucune acception de personnes. Bon ou méchant, vigilant ou insouciant, riche ou pauvre, heureux ou malheureux, jamais tu ne seras à l'abri des tentations de cet ennemi. Mangeant, buvant, jeûnant, te vêtant, marchant ou parlant, dans la solitude ou dans la foule , enfin en toute circonstance, si tu ne regardes pas autour de toi d'un œil vigilant, si tu ne fais pas le guet, si tu ne marches pas armé de toutes pièces , toujours tu trouveras des embûches, toujours des pierres d'achoppement, toujours des filets, où tu seras pris.
Non content de ses auxiliaires , notre ennemi a encore grand soin de nous dépouiller de tout l'appareil des armes spirituelles. Ainsi les Philistins avaient pris soin qu'il n'y eût dans Israël aucun forgeron, qui pût fabriquer des armes. I Reg. xm, 19. Il arriva delà que , lorsque les Philistins s'avancèrent en bataille rangée contre les Israélites , Satil seul et Jonathas son fils étaient armés, tandis que tous les autres étaient sans armes. Avant les Philistins, les Madianites avaient eu la même précaution ; aussi, après la victoire remportée miraculeusement, la sainte prophétesse s'écrie-t-elle : « Ah ! si les quarante mille soldats d'Israël avaient été armés de l'épée et de la lance ! » Clypeus et hasta si appanœrint in qitadraginta millibus Israël. Judic. v, 8. De même nos ennemis spirituels ont grand soin de nous enlever tout secours des armes spirituelles. Or les armes de notre milice sont le jeûne, l'aumône , la solitude , la lecture des saints livres, la fuite des occasions de pécher , l'usage fréquent des sacrements, la prière, par laquelle nous demandons contre nos ennemis le secours du ciel. — Ce qui vient d'être dit montre assez les forces et les embûches des démons.
Qu'est-ce donc, si à cet ennemi extérieur se joint un ennemi domestique et intérieur, notre chair ? Qui pourrait exprimer combien est grande , après la chute produite par le péché, la faiblesse de la nature corrompue? Quelle misérable condition que celle de l'homme ! Qu'il est facile à tromper ! Qu'il est fragile dans la résistance ! Quelle pente au mal! Quelle opposition au bien! Quelle inclination abrutissante vers les choses de la terre ! Quelle indifférence , et quelle lenteur à s'élever vers l'invisible ! Quel amourpropre! Quelle insouciance de Dieu et des choses divines ! Enfin à combien de passions , de perturbations diverses n'est-il pas en proie ! en sorte que s'il n'y avait rien autre chose qui nous donnât à faire , cela seul suffirait , et au delà, pour nous perdre, quand nous ne serions assaillis par aucun ennemi extérieur.
On dira peut-être : Tu nous exposes la force et les périls des tentations, mais tu passes sous silence les remèdes de si grands
1» DIMANCHE DE CARÊME, SERMON II. i05
maux. -Je ne les passe pas sous silence, frères, je ne les cache pas ; bien au contraire ; cela même que je dis est le remède. Qu'est-ce qui protège les animaux faibles, sinon une grande frayeur? Leur arme, c'est la crainte ; la crainte les excite à fuir, et la fuite les sauve. Plus étaient frappants les traits sous lesquels j'ai présente la grandeur du péril , plus j'ai éveillé en vous une crainte salutaire, et la résolution de vous prémunir et de veiller. C'est la la sauvegarde par excellence de notre salut. Saint Eusèbe Emissene nous appelle ainsi à cette crainte salutaire : « Que personne ne se repose sur le passé. Tant de pièges sont tendus sous les pieds de notre âme, tant d'ennemis nous observent et nous barrent le chemin, tant de fondrières, tant de précipices, tant d'obstacles s'interposent entre nous et notre fin; la voie elle-même, tout étroite, tout ardue qu'elle est, est assiégée par tant de monstres spirituels, qui dressent leurs embûches, et il nous faut passer sur tant de rochers, tant d'écueils, avant de jeter l'ancre sur le rivage désiré : et nous croyons que nous devons nous reposer sur le passé, que nous devons vivre sans nous inquiéter, sans craindre, sans trembler chaque jour! Quel est celui qui, franchissant un fleuve profond sur une planche étroite, se croirait hors de danger après avoir accompli sans malheur une partie de la traversée ; alors qu'à l'extrémité du pont fragile , pour peu qu'il bronche , il peut trouver la chute qu'il redoutait dès les premiers pas? Ainsi nous, quand nous aurions traversé heureusement une grande partie de cette vie , ne nous abandonnons pas à la confiance S tout danger n'est pas passé, il reste à arriver à la fin. Quel est le combattant qui dépose les armes avant la fin du combat, ou avant la sécurité de
la victoire ?»
Le second remède, c'est la mortification de notre chair, foyer de tant de maux ; c'est aussi une prière assidue. Sans la puissance, sans le secours de Dieu, comment repousser tant d'attaques? Rappelons-nous les paroles de l'Apôtre : « Dégageons-nous de tout ce qui nous appesantit, et du péché qui nous assiège. » Hébr. xn, 1. 11 indique assez que nous tous nous sommes circonvenus et assiégés par le péché. Oui, de toutes parts nous sommes enveloppés par
(1) Voir sur cette citation et sur ceUe de la p. 101, la note D à la fin du volume.
lOfi SERMONS POUR LE PROPRE DU TEMPS.
la chair, par le monde, et toute créature est placée en guise de piège et de filet sous les pieds des insensés, Sap. xiv, 11. Ce qu'insinuent encore mieux ces paroles de l'Apôtre : « Ce n'est plus moi qui fais cela, mais c'est le péché qui habite en moi.» Rom. vu, 17. Car l'ennemi dans les murs est plus à craindre qu'au dehors. Comme donc celui qui, habitant l'hiver un climat glacé et une maison exposée aux vents et au froid , ne s'éloignerait guère du feu ; de même nous , autant qu'il est possible , ne nous éloignons pas de la présence de notre Dieu, feu qui échauffe. Il a été dit avec grande vérité : « C'est en vain qu'on tend le filet devant les yeux de ceux qui ont des ailes. » Prov. i, 17. Sont dits avec raison munis d'ailes, ceux qui au moyen d'ailes spirituelles s'élèvent dans les hautes régions; le démon jette en vain ses filets devant leurs yeux ; car ils sont constamment en communion avec la lumière divine. Le saint David l'atteste quand il dit : « J'ai toujours les yeux élevés vers le Seigneur, parce que c'est lui qui dégagera mes pieds du filet. » Ps. xxiv, 15. Et encore : « Si votre loi n'avait fait mes délices, j'aurais péri sans doute dans les maux qui m'ont affligé. » Ps. cxviii, 92. Aussi le Sauveur dit : « Yeillez, et priez, pour ne pas entrer en tentation. » Marc, xrv, 38. Comme s'il avait dit : En veillant, faites tout ce que vous pouvez faire par vous-mêmes; et en priant, implorez l'assistance du ciel et le secours de l'Esprit divin , par la vertu duquel vous puissiez combattre la malice des démons.
C'est cet Esprit qu'après sa chute appelait David, quand il disait : «Fortifiez-moi par l'esprit dévie. » Ps. l, 14. C'est-à-dire, armezmoi , prémunissez-moi si bien par la vertu de votre Esprit, que je n'aie plus à redouter aucune puissance ennemie. Car quelle autre puissance que celle de votre Esprit triompherait de l'esprit mauvais. La force de cet Esprit céleste doit être invoquée toujours et en toute circonstance , mais surtout alors que l'ennemi nous attaque par quelque pensée, quelque passion mauvaise. C'est alors qu'il faut, sans perdre de temps, recourir à cet appui salutaire. De là vient qu'au lieu de ce que nous lisons, Ps. cxvm, 114 : « Vous êtes mon aide et mon protecteur, et en votre parole j'ai mis toute mon espérance, » quelques-uns traduisent : « Vous êtes mon asile et mon
bouclier. » Comme donc les lièvres et les autres animaux sans défense, poursuivis par les chasseurs, se réfugient dans leurs repaires ; de même nous, quand quelque malheur, ou quelque tentation nous assaille, réfugions-nous, cachons-nous dans cet asile, où le Seigneur cache les justes dans le secret de sa face. Ps. xxx, 21 . De là vient encore que, dans les Cantiques, Dieu dit à l'Epouse : « Ma colombe se retire dans les creux du rocher, » Columba mea in foraminibus petrœ, Cant. xi, 14, c'est-à-dire, dans les blessures du Christ, où nous devons nous fixer par mie méditation continuelle, et où nous devons nous réfugier, soit dans nos tribulations, soit quand l'ennemi nous attaque. Nous y trouverons un abri contre le vent et la tempête. C'est ce qu'a figuré autrefois le Seigneur en ordonnant que la porte de l'arche fût mise au côté, afin que les animaux y entrassent lors de l'invasion des eaux. Gen. vi, 16. Le Christ est l'arche mystique ; l'entrée de cette arche est la blessure de son flanc sacré. C'est par cette porte que nous entrons dans le Christ, car c'est par les blessures sacrées de son corps que nous connaissons sa charité et sa tendresse ; et quand surgissent les flots des tentations, pieux animaux, nous sommes cachés et préserves dans ces blessures-là.
Des prières ferventes, la méditation des choses divines, des lectures sacrées sont encore de puissants auxiliaires dans ces luttes. Origène (Hom. min Lévit.) explique ainsi ce passage : «Yosyeux sont comme les colombesqui se tiennent près des eaux, » Cant. v, 13 : « Ces oiseaux, quand ils sont près d'un fleuve, aperçoivent dans l'eau l'ombre del'épervier, leur ennemi, et ainsi, grâceàleur vigilance et au bienfait des eaux, ils se dérobent au péril qui les menace. » Le même bienfait est réservé aux âmes fidèles qui, fixées près des sources des Ecritures, y voient les embûches du démon et savent s'en garantir. Munis, fortifiés de ces armes, victorieux de l'ennemi commun du genre humain, nous recevrons de Jésus- Christ, prince de cette milice, la palme de l'éternelle gloire. Car lui-même regarde nos luttes, il secourt les combattants, et couronne les vainqueurs. A lui la gloire et l'empire dans les siècles des siècles.
TROISIÈME SERMON
POUR
LE PREMIER DIMANCHE DE CARÊME
ou l'on traite de la férocité de notre ennemi, et de ses différents