‹ Œuvres complètes de M. A. de Lamartine (volume 2)Chapitre 39 sur 49 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Et puis comme il m'aidait dans mes douces études! Comme il connaissait bien toutes les habitudes Des plantes, des oiseaux, des insectes de Dieu ! Comme il me disait juste à quelle heure, en quel lieu. Sous quel rayon du soir, sur quelle verte pente Ma main tomberait mieux sur l'insecte ou la plante ! Et comme de l'hysope aux plus superbes fleurs^ De tout ce qui végète il m'enseignait les mœurs ! Il n'avait pourtant, lui, ni grand herbier ni livre ; Je recueillais tout mort, mais lui voyait tout vivre ; Je savais mieux les noms, les genres, les contours ; Lui, les saveurs, les goûts, les instincts, les amours; Pour lui chaque herbe était un rayon d'évidence. Un signe du grand mot où luit la Providence; De ce signe divin par la sagesse écrit Je contemplais la terre, et lui lisait l'esprit, Et, prêtant à chaque herbe une claire étincelle D'âme distincte au sein de l'âme universeUe, Il la voyait sentir, penser, agir, aimer; Et la nature ainsi qu'il savait animer.

Avec ses sentimens, ses grâces infinies.

Et ses transitions fondant en harmonies.

Devenait sous sa langue un poëme sans fin.

Mais toujours émouvant l'âme et toujours divin, Car le nom de l'auteur, brillant sur chaque page, De jour et de chaleur inondait tout l'ouvrage ; Jamais on n'y lisait avec lui sans bénir, Et sans sentir aux yeux une larme venir !

 présent que j'ai lu dans cette âme si tendre.

Page 1