‹ Œuvres complètes de M. A. de Lamartine (volume 2)Chapitre 9 sur 49 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

L'immortelle espérance et la nuit de la vie.

Son visage était calme et doux à regarder ; Ses traits pacifiés semblaient encor garder La douce impression d'extases commencées ; Il avait vu le ciel déjà dans ses pensées, Et le bonheur de Tàme , en prenant son essor. Dans son divin sourire était \isible encor.

Un drap blanc recouvert de sa soutane noire , Parait son lit de mort ; un crucifix d'ivoire Reposait dans ses mains sur son sein endormi , Comme un ami qui dort sur le cœur d'un ami ; Et, couché sur les pieds du maître qu'il regarde. Son chien blanc , inquiet d'une si longue garde , Grondait au moindre bruit , et las de le veiller, Écoutait si son souffle allait se réveiller.

Près du chevet du lit, selon le sacré rite, Un rameau de buis sec trempait dans l'eau bénite; Ma main avec respect le secoua trois fois , En traçant sur le corps le signe de la croix. Puis je baisai les pieds et les mains ; le visage De l'immortalité portait déjà l'image , Et déjà sur ce front , où son signe était lu , Mon œil respectueux ne voyait qu'un élu.

Puis, avec l'assistant disant les saints cantiques, Je m'assis pour pleurer près des chères reliques , Et priant et chantant et pleurant tour à tour. Je consumai la nuit et vis poindre le jour.

Près du seuil de l'église, au coin du cimetière.

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