‹ Œuvres complètes de M. A. de Lamartine (volume 4)Chapitre 36 sur 85 · PRIERE · texte numérisé non relu

PRIERE

O toi dont l'oreille s'incline Au nid du pauvre passereau , Au brin d'herbe de la colline Qui soupire après un peu d'eau !

Providence qui les console , Toi qui sais de quelle humble main S'échappe la secrète obole Dont le pauvre achète son pain !

Toi qui tiens dans ta main diverse L'abondance et la nudité ^

Afin que de leur doux commerce Naissent justice et charité !

Charge-toi seule, 6 Providence, De connaître nos bienfaiteurs , Et de puiser leur recompense Dans les trésors de tes faveurs !

Notre cœur, qui pour eux t'implore, A l'ignorance est condamné ; Car toujours leur main gauche ignore Ce que leur main droite a donné !

Mais que le bienfait qui se cache Sous l'humble manteau de la foi , A leurs mains pieuses s'attache Et les trahisse devant toi !

Qu'un vœu qui dans leur cœur commence. Que leurs soupirs les plus voilés Soient exaucés dans ta clémence Avant de t'être révélés !

Que leurs mères dans leur vieillesse Ne meurent qu'après des jours pleins !

Et que les fils de leur jeunesse Ne restent jamais orphelins !

Mais que leur race se succède Comme les chênes de Mambré ,

Dont aux ans le vieux tronc ne cède Que quand le jeune a prospéré !

Ou comme ces eaux toujours pleines , Dans les sources de Siloé , Où nul flot ne sort des fontaines Qu'après que d'autres ont coulé !

HARMONIES

POÉTIQUES ET RELIGIEUSES

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